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Johnson donne des ailes aux eurosceptiques suisses

L'accord trouvé entre le premier ministre britannique, réputé intransigeant, et l'Union européenne, aura une influence dans le débat politique suisse.

De son côté, le président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard, indique: «Bien qu’elle soit une très grande puissance économique, l’UE n’a pas non plus intérêt à rompre avec ses partenaires les plus proches.»
De son côté, le président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard, indique: «Bien qu’elle soit une très grande puissance économique, l’UE n’a pas non plus intérêt à rompre avec ses partenaires les plus proches.»
KEYSTONE/Peter Schneider

La messe n’est pas encore dite à Londres. Mais le fait que la respectueuse première ministre britannique Theresa May se soit cassé les dents sur le Brexit avec un premier accord et que, malgré tout, l’intransigeant Boris Johnson soit parvenu à un second texte donne des ailes à certains acteurs politiques suisses. Ceux qui pensent que notre pays doit lui aussi avoir le cran de renégocier l’accord-cadre avec l’Union européenne.

Le Conseil fédéral a demandé des clarifications cet été sur les points qui fâchent dans ce texte: protection des salaires, aides d’État et droits sociaux. Le président de la Commission européenne s’était dit prêt à amener des précisions. «Mais il n’y aura pas de renégociation», a précisé Jean-Claude Juncker.

Vraiment? Le conseiller national Thomas Aeschi (UDC/ZG) rentre à peine d’une mission de la délégation AELE/UE du parlement à Londres. Il note: «Il faut cesser de servir cet argument que l’Union européenne est grande et puissante. Le cas du Royaume-Uni montre qu’il faut savoir dire non à des accords qui ne sont pas équilibrés. Michel Barnier a dit plusieurs fois qu’il n’y avait plus rien à renégocier. Pourtant, tout à coup, les discussions se sont rouvertes.»

De son côté, le président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard, indique: «Les situations sont différentes. Le Royaume-Uni négocie une rupture, nous ne sommes pas dans cette logique. Cela dit, dans les relations avec l’UE, il faut défendre et reconnaître des intérêts légitimes – et la protection des salaires en est assurément un. Ensuite, il faut tenir bon. Bien qu’elle soit une très grande puissance économique, l’UE n’a pas non plus intérêt à rompre avec ses partenaires les plus proches.»

Cet accord est-il le signe que la dureté finit par payer face à Bruxelles? EconomieSuisse en doute. «C’est sûr que les camps qui sont opposés à toute relation avec l’UE ou sont très eurosceptiques feront cette lecture, répond Carmelo Laganà, suppléant romand de l’organisation. Après, objectivement, le Royaume-Uni a un poids différent de celui de la Suisse, au niveau historique surtout. Mais je ne suis pas certain que cet accord se traduira par une attitude plus tendre de l’UE envers la Suisse, qui reste un État tiers.»

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