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Les jeunes bourgeois dénoncent une loi passéiste et nocive

Les Jeunes UDC, PLR et Vert’libéraux fustigent le «lobby» des casinos suisses et la censure du Net.

Ils sont partis seuls au combat, mais abordent la bataille finale avec du renfort. Les sections Jeunes de l’UDC, du PLR et des Vert’libéraux ont lancé jeudi leur campagne sur la loi sur les jeux d’argent, contre laquelle ils ont fait aboutir le référendum avec l’aide des Jeunes Verts. Dernièrement, le camp du non s’est élargi au PLR, à la Jeunesse socialiste, ainsi qu’à EconomieSuisse ou Swissmem, la faîtière des machines.

Les visions de deux générations s’opposent dans ce débat. D’un côté, le Conseil fédéral et une majorité du parlement estiment que le domaine des jeux d’argent soumis à des règles et conditions strictes – notamment en matière de protection contre les addictions ou de redistribution à des fins d’utilité publique – doit rester l’affaire d’acteurs suisses, même sur Internet. Ils approuvent ainsi le blocage des sites de sociétés étrangères, qui aujourd’hui proposent des jeux d’argent sur Internet: machines à sous, billets à gratter, poker, etc., en échappant à tout contrôle.

De l’autre côté, les Jeunes PLR, UDC et Vert’libéraux, rejoints jeudi à Berne par des conseillers nationaux de leurs partis respectifs, voient dans cette loi trois faiblesses majeures. «Elle nuit à la protection des joueurs, assure Pascal Vuichard, coprésident des Jeunes Vert’libéraux suisses. Les blocages des sites étrangers étant facilement contournables, les joueurs les plus fragiles se retrouveront rapidement sur le marché noir.» Le conseiller national Marcel Dobler (PLR/SG) confirme: «Pour contourner le type de blocages prévus, cela prend moins de 20 secondes», citant des sites qui exposent la solution clés en main.

Jugé inopérant, le blocage de sites aux contenus tout à fait légaux n’en représenterait pas moins une menace pour la liberté d’Internet, poursuivent les opposants à la loi. «Qu’est-ce qui viendra après? Le blocage de Zalando, pour protéger nos magasins de vêtements?» s’interroge Natalie Rickli (UDC/ZH). Car selon ses détracteurs de droite, cette loi sert à favoriser des acteurs déjà établis: les casinos suisses, qui pourront s’étendre en ligne et prétendre aux 150 à 170 millions dépensés chaque année sur des plateformes étrangères de jeux d’argent.

Au lieu de bloquer Internet, les Jeunes UDC, PLR et Vert’libéraux souhaiteraient soumettre à concession toutes les sociétés qui exploitent des jeux d’argent sur Internet. Accusés par leurs adversaires d’être le bras armé politique des sites étrangers de jeux domiciliés à Malte ou à Gibraltar, qui pour certains ont financé le référendum, les jeunes bourgeois se défendent. «Lancer un référendum, ça coûte. Désormais, nous renonçons au soutien direct d’acteurs étrangers», affirme Andri Silberschmidt, président des Jeunes PLR. Le budget de campagne dépasse les 100 000 francs. Le comité espère atteindre le million.

Les Jeunes Verts mèneront une campagne séparée jusqu’au vote du 10 juin. «Cette loi devient un combat entre deux lobbys, celui des casinos suisses et celui des sites de jeux étrangers, affirme leur coprésident, Kevin Morisod. Nous nous inquiétons pour les personnes dépendantes au jeu et leur entourage. Pour elles, la loi ne prévoit pas grand-chose.»

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