Intégrer les requérants, le défi de la rentrée 2016

FormationPartout, des classes d’accueil sont ouvertes dans le degré postobligatoire.

L’objectif au niveau national est qu’à 25 ans 95% des jeunes, dont ceux issus de l’immigration, possèdent un diplôme du secondaire II.

L’objectif au niveau national est qu’à 25 ans 95% des jeunes, dont ceux issus de l’immigration, possèdent un diplôme du secondaire II. Image: Olivier Vogelsang

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A l’heure de la rentrée, une question se pose: comment soutenir les jeunes requérants d’asile? Dans un pays qui a fait de l’intégration professionnelle des migrants une priorité, le défi est grand. Ce d’autant plus que le nombre de mineurs non accompagnés (MNA) ne cesse d’augmenter. Ils ont été 2736 à déposer une demande d’asile en 2015 en Suisse, contre 795 en 2014. Parmi eux, 66% avaient 16-17 ans et pouvaient suivre un cursus postobligatoire.

Les moyens doivent donc être revus à la hausse. Dans le Valais romand, par exemple, les jeunes de 15 ans et plus rejoignent les classes d’accueil de la scolarité postobligatoire (CASPO). Ces cours se concentrent sur le français et la présentation de nos institutions. Mais, cette année, le canton est à l’étroit: 230 places sont disponibles, alors que 340 personnes sont inscrites.

Besoin en personnel

«Il faudrait engager du personnel enseignant», explique Claude Pottier, chef du Service valaisan de la formation professionnelle. Selon ses estimations, cinq ou six profs supplémentaires sont nécessaires, pour un budget dépassant le demi-million de francs. «Une réponse à un postulat doit être soumise au parlement. Nous espérons obtenir le financement pour accueillir tout le monde à la fin de septembre.»

Le Valais revoit aussi son organisation. Jusqu’à présent, les jeunes étaient mélangés sans tenir compte de leur origine ou de leur formation préalable. Des tests permettront désormais de les regrouper par niveaux. Avec un objectif: qu’ils intègrent un apprentissage, une formation ou le marché du travail au bout d’un an.

Priorité aux jeunes seuls

D’un canton à l’autre, les noms changent. Mais les buts et les besoins restent proches. A Genève, le nombre de migrants au secondaire II est passé de 642 élèves l’an dernier à 926 cette année. Côté vaudois, 200 places supplémentaires leur sont proposées au sein de l’école de la transition. Et là aussi, on tiendra davantage compte de l’histoire de chacun.

Selon la ministre vaudoise en charge du dossier, Anne-Catherine Lyon, les MNA, notamment, nécessitent beaucoup plus d’attention. «Ils ont un accès prioritaire à nos structures, renchérit Laurent Feuz, chef du Service neuchâtelois des formations post­obligatoires et de l’orientation. Nous ne pouvons pas les laisser six mois seuls dans la nature, ce serait trop risqué.» Dans son canton, l’intégration des allophones débute en général dans des classes nommées pré-JET. Cette rentrée, leur nombre passe de trois à six, dont une classe d’alphabétisation.

«Beaucoup de jeunes doivent avant toute chose apprendre notre alphabet»

Deux classes d’intégration supplémentaires sont aussi ouvertes dans le canton de Fribourg. Là encore, on a développé un système à étages, avec des structures préparatoires et des classes d’alphabétisation. «Beaucoup de jeunes doivent avant toute chose apprendre notre alphabet, rappelle Claudia Lauper, secrétaire générale adjointe de la Direction de la santé et des affaires sociales. Pour entrer dans les classes de l’école professionnelle, ils doivent pouvoir lire notre langue.»

Direction gymnase

Le Canton de Berne tente cette année l’expérience inverse. Au Centre de formation professionnelle (CFP), à Bienne, une classe a été ouverte pour les migrants qui ont bénéficié d’une bonne formation dans leur pays mais qui ne peuvent pas tout de suite intégrer le gymnase (collège) ou une école moyenne.

Ce projet pilote dure trois ans. «Nous acceptons sur dossier les jeunes qui nous semblent avoir le potentiel de rejoindre notre institution», décrit Leonhard Cadetg, recteur du gymnase alémanique de Bienne. L’idée est de leur donner d’abord des cours intensifs d’allemand et une connaissance de notre système de formation.

Pour faciliter le passage dans le cursus normal, les allophones pourront aussi suivre avec leurs futurs camarades des cours comme la gym ou la musique avant de passer aux maths ou à l’anglais. Agés de 16 à 22 ans, ils sont pour l’instant au nombre de huit. «Nous pouvons en accueillir seize au total, précise Peter Stöpfer, préposé aux solutions transitoires au CFP. Ils peuvent rester un an avec nous, mais le but est qu’ils rejoignent au plus vite leur future école, même en cours d’année.»

Groupe national

Au niveau national, l’objectif est qu’à 25 ans 95% des jeunes possèdent un diplôme du niveau secondaire II – que ce soit un CFC ou une maturité. «C’est évidemment plus difficile avec ceux qui sont arrivés tardivement en Suisse», admet Susanne Hardmeier, secrétaire générale adjointe de la Conférence des directeurs cantonaux de l’Instruction publique.

Comment s’en approcher? Les cantons et la Confédération ont créé l’an dernier un groupe de travail. «Il y a dans tous les cantons des structures pour préparer ces jeunes à un apprentissage ou à une école. Nous regardons quelles sont les bonnes solutions», explique Susanne Hardmeier. La discussion porte aussi sur la répartition des tâches, et leur financement, entre la Confédération et les cantons ainsi qu’entre les instances responsables de l’éducation et de l’intégration. (TDG)

Créé: 01.09.2016, 18h46

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