Instaurer un revenu de base, c'est possible!

InterviewDe passage à Genève, le professeur belge Philippe van Parijs défend ce système, qui est aujourd'hui proposé dans une initiative populaire

L’économiste, sociologue et philosophe belge Philippe van Parijs.

L’économiste, sociologue et philosophe belge Philippe van Parijs. Image: Olivier Vogelsang

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Et si nous touchions tous un revenu de base, sans qu’aucune contrepartie ou travail ne soit exigé? En Suisse, une initiative a été lancée pour instaurer ce système. L’un des chantres de cette solution est l’économiste, sociologue et philosophe Philippe van Parijs. Invité par BIEN-CH, le réseau suisse pour un revenu de base, il était hier de passage à Genève. Ce professeur à l’Université catholique de Louvain répond à nos questions.
Pourquoi faudrait-il donner un revenu à tous, aux pauvres comme aux riches?

Le but du revenu de base est de remplacer le filet de sécurité sociale par un socle sur lequel s’appuyer. On échapperait ainsi au piège de pauvreté faisant qu’aujourd’hui, certaines personnes touchent moins d’argent si elles travaillent. Si on l’introduisait en Suisse, cette somme constituerait la première tranche de revenu pour les personnes qui touchent déjà des allocations, des compléments pouvant être fournis. Pour ceux qui ont un salaire, cet argent se substituerait aux exonérations fiscales actuelles. On pourrait penser que c’est un gaspillage de donner de l’argent aux riches, mais ceux-ci bénéficient déjà d’exonérations sur la première tranche d’impôt.

Avec un tel revenu garanti, plus personne ne voudra travailler!

Cela dépend des montants alloués!.Il faudra continuer à travailler pour atteindre son revenu cible, surtout qu’on comparera toujours son statut et son salaire à celui des autres. Et beaucoup de personnes trouvent de l’intérêt dans leur activité. Ce système est une manière souple de répartir le travail. Ceux qui se tuent à la tâche pourraient réduire leur temps de travail grâce à ce socle financier et ainsi, en laisser aux autres. Enfin, une part importante du travail effectué dans notre société aujourd’hui n’est pas rémunérée - principalement le travail domestique. Si quelques gars passaient leur journée devant la TV, ce serait une injustice mineure face à cette injustice massive.

Justement: ne changerait-on pas de paradigme en arrêtant de lier le revenu au travail?

Ce lien reste vrai avec un revenu de base, puisque les personnes qui travaillent gagnent davantage. Il repose sur l’illusion que notre salaire nous est dû car il correspond aux richesses que nous avons créées. Mais il suffit de comparer le revenu d’un coiffeur de Genève et de Calcuta pour voir à quel point il dépend aussi du contexte. Une grande part de notre revenu est en réalité dû aux circonstances favorables: une allocation universelle reviendrait à redistribuer plus équitablement cet énorme don issu des circonstances, de la nature et du passé. Retrouvez la suite de cette interview dans notre édition de mercredi.

Créé: 21.05.2013, 22h29

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