Il perd 16 génisses à cause de la foudre!

Canton de VaudUn agriculteur de Bière a vu son troupeau décimé dimanche dernier. Un événement exceptionnel par son ampleur.

Nicolas Jotterand devant une partie des vaches qui sont restées en pleine cet été. Celles de l'alpage faisaient partie des meilleures génisses de l'éleveur.

Nicolas Jotterand devant une partie des vaches qui sont restées en pleine cet été. Celles de l'alpage faisaient partie des meilleures génisses de l'éleveur. Image: Sébastien Bovy

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Une vache foudroyée, cela arrive parfois durant l'été quand l'orage gronde, surtout dans les alpages du jura vaudois. Mais 16 d'un coup, voilà qui est exceptionnel, vétérinaire et assureur n'ayant pas souvenir d'une ampleur jugée sans précédent. C'est pourtant ce qui est arrivé à Nicolas Jotterand dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Sur l'alpage de la Corentine – à une dizaine de kilomètres de Bière – où la famille de cet agriculteur établi au village «monte» depuis soixante-quatre ans en période estivale. «Nous n'avons jamais eu de problème là-haut et puis ce coup du sort est arrivé en une fraction de seconde. On sait bien que cela peut se produire, mais quand vous montez à l'alpage et que vous voyez toutes ces bêtes figées, c'est un moment qui marque à vie.»

Des années de travail de sélection anéanties

Alerté par le berger voisin, Nicolas Jotterand – accompagné de son fils de 12 ans – n'a pu que constater les dégâts, qui s'accompagnent de conséquences financières et d'un gros choc émotionnel. Car il faut comprendre que ce n'est pas juste un «incident» pour l'exploitation de Nicolas Jotterand, un éleveur qui cumule les distinctions et les prix récoltés en Suisse et en Europe. «Avec la sélection génétique, nous préparons des animaux d'élite depuis des décennies et une génisse qui disparaît signifie donc plusieurs années de travail anéanties, sans parler évidemment des petits veaux qui ne naîtront pas, entre 3 et 4 par tête. Je pense qu'il me faudra quatre à cinq ans pour reconstituer le troupeau en termes de qualité.»

Un cas exceptionnel par son ampleur

Car l'assurance va certes indemniser le paysan, mais ce dernier ne trouvera pas l'équivalent ni dans «le commerce» ni auprès de ses collègues. L'Établissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les éléments naturels, justement, confirme que le cas a valeur d'exception. «Nous enregistrons en moyenne 15 à 20 cas par année, mais plutôt isolés (1 à 3 bêtes). La situation décrite à Bière, avec 16 génisses foudroyées, est donc peu courante», indique Claudia Dormeier Freire, chargée de communication à l'ECA.

Même son de cloche du côté du vétérinaire Jean-Marie Surer, installé lui aussi à Bière. «Je n'avais jamais vu une ampleur pareille», assure l'ancien député vaudois qui sillonne les pâturages du Pied du Jura depuis des années. «Les alpages sont en principe partagés par plusieurs paysans et quand un tel phénomène survient, le dommage est en quelque sorte dilué. Là, c'est une seule famille qui est touchée et dans une proportion majeure. C'est un gros coup dur.»

«Quand un truc pareil vous arrive, ce n'est pas simple à digérer»

Touché mais pas abattu, Nicolas Jotterand rappelle aussi que derrière le paysan – en ce moment exagérément décrié par une partie de la population – se cache un homme qui aime ses bêtes. «J'ai une boule à l'estomac qui ne veut pas s'en aller. Certes, nous amenons un jour ou l'autre nos vaches à l'abattoir, mais on se lève chaque matin aux aurores pour s'en occuper, nous connaissons le nom de chacune d'elles, leur caractère et vivons ce travail d'abord comme une passion. Chez nous, toute la famille s'implique pour faire tourner le domaine. Alors quand un truc pareil vous arrive, ce n'est pas simple à digérer, même si nous allons faire face.»

Créé: 12.07.2019, 10h43

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