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EnvironnementHéliski: le CAS et Zermatt proposent un compromis

Le conflit entre les randonneurs et les adeptes de l'héliski au-dessus de la célèbre station valaisanne pourrait être désamorcé.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Le Club alpin suisse (CAS) et la commune de Zermatt (VS) proposent un compromis au sujet des places d'atterrissage au Mont Rose et à Trift, au-dessus de Zermatt. La procédure de consultation court jusqu'au 20 avril pour les cantons et les communes.

Les hélicoptères transportant des touristes ne pourraient atterrir sur le Mont Rose que de décembre à fin mars, proposent le Club alpin suisse et Zermatt dans un communiqué ce lundi 23 mars. Et sur l'Alphubel et l'Aeschhorn de décembre à fin avril.

D'avril à novembre, des vols d'entraînement seraient autorisés sur ces trois sommets à partir de 14 heures. Ainsi le conflit entre les randonneurs et les adeptes du héliski pourrait être désamorcé, avancent-elles.

A titre compensatoire pour ces limitations, Trift, au-dessus de Zermatt, devrait pouvoir disposer d'une hélistation. Celle-ci obligerait les touristes à effectuer la dernière portion de descente de l'Aeschhorn à Zermatt en hélicoptère, puisque celle-ci traverse une zone de tranquillité.

Contraire au droit fédéral

Pour leur part, les associations écologistes (mountain wilderness Suisse, ASPO/BirdLife 0Su00isse, la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage FP et le WWF) font part de leur mécontentement. Elles rappellent que pour le Mont Rose, une expertise de la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage a constaté que les vols touristiques ne représentaient pas un enjeu d'intérêt national et devaient donc être abolis.

Elles ajoutent encore que 13 places d'atterrissage, listées dans le texte soumis à consultation, sont encore situées à l'intérieur de zones protégées de l'Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP).

Deux suppressions à Berne

En janvier dernier, l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) mettait en consultation une modification du concept des places d«atterrissage en montagne et de l'ordonnance sur l'infrastructure aéronautique. Conformément à la décision du Conseil fédéral de limiter la liste des sites à 40, l'OFAC propose de supprimer les places d«atterrissage en montagne de Rosenegg-West et de Gumm, dans le canton de Berne.

Le Conseil fédéral, pris en sandwich entre les revendications des entreprises en faveur d'un statu quo amélioré et les demandes de réduction drastique des milieux de protection de la nature, avait tranché en mai dernier pour un plafond de 40 places.

Une saga de 15 ans

Le Conseil fédéral avait lancé en 2000 l'examen des places d'atterrissage en montagne. Il s'agissait d'élaborer des mesures pour empêcher que l'activité des vols motorisés ne nuise aux zones protégées. Mais aussi de déterminer dans quelles proportions l'héliski doit être pratiqué.

En 2010, le Département fédéral de l'environnement et des transports (DETEC) a édicté une ordonnance pour la région sud-est du Valais. Des recours ont été lancés. L'association centrale du CAS a exigé d'interdire l'héliski au Mont Rose. A l'opposé, la commune de Zermatt et les entreprises d'hélicoptères se sont opposées à ces limitations des activités aéronautiques.

Cela a provoqué un déchirement à l'intérieur du CAS: les sections Monte Rosa, Zermatt et Saas ont menacé de faire sécession. Le Tribunal administratif fédéral a alors abrogé l'ordonnance du DETEC en raison d'une évaluation insuffisante des différents intérêts et l'a renvoyée au département.

Il a en outre demandé une expertise à la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage (CFNP), laquelle a été publiée en novembre 2013. Celle-ci propose de ne plus utiliser la place d'atterrissage (PAM) du Mont Rose qu«à des fins de formation parce que son activité touristique nuisait trop fortement au calme et à la tranquillité.

L'OFAC a ensuite mis le dossier en «stand-by». Durant cette période, le CAS et une délégation de représentants des intérêts de Zermatt ont élaboré un compromis qui a été adopté en avril 2014. Peu après, le Conseil fédéral a décidé de mettre un terme définitif à l«examen des PAM et de le remplacer par une réduction de son nombre à 40.

(ats)

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