Hanspeter Thür s'inquiète pour la sphère privée

ConfédérationLe Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence estime que la voracité des entreprises et des administrations pour les données privées est problématique.

Pour Hanspeter Thür, le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, le droit à la sphère privée est devenu un luxe.

Pour Hanspeter Thür, le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, le droit à la sphère privée est devenu un luxe. Image: Keystone

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Hanspeter Thür s'inquiète de voir la sphère privée rétrécir chaque jour en raison de l'appétit pour les données privées tant des administrations que des entreprises. Et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés. «L'expérience montre que la régulation actuelle est insuffisante», estime le Préposé fédéral à la protection des données dans une interview publiée par le Tages-Anzeiger.

«La loi devrait imposer qu'un réseau social ne puisse pas avoir accès aux contacts des utilisateurs sans leur consentement», a-t-il déclaré. Hanspeter Thür les évite d'ailleurs autant que possible et rejette les invitations des utilisateurs qui l'invitent.

Cette voracité n'est pas propre au réseaux sociaux ou des entreprises, mais l'Etat y voit également des avantages car la numérisation lui facilite le travail. Le préposé s'inquiète toutefois de voire que l'administration utilise toujours plus le numéro AVS pour des dossiers qui n'ont rien à voir avec la santé. «Le risque d'infraction de la vie privée est énorme. Un fonctionnaire qui doit traiter un permis de construire aurait ainsi accès au registre fiscal du demandeur.»

«Un luxe pour privilégiés»

Et il critique la politique de double standard des grands groupes informatiques, friands de données personnelles mais qui savent très bien les cacher quand cela les arrange. «Connaissez-vous les prénoms des enfants de Larry Page, un des fondateurs de Google? Non? Ce n'est pas un hasard, car Larry Page connaît les dégâts que peut causer la perte de la sphère privée numérique».

La situation conduit au rétablissement d'une société de classes car il devient quasiment impossible de retirer ses données d'internet. «Aujourd'hui, celui qui veut protéger ses données doit porter plainte et dépenser beaucoup d'argent. La protection de la sphère privée est devenu un luxe pour privilégiés.»

Mais il constate également que les utilisateurs n'y attachent plus grande importance. «Le droit à la protection de la sphère privée a été inscrite en 1999 dans la Constitution. Et j'ai l'impression de nos jours que la volonté de la population pour la protéger a nettement décru». (nxp)

Créé: 11.11.2015, 08h47

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