Guy Parmelin soulage les chômeurs et ironise sur l’Union européenne

CoronavirusLes chômeurs en fin de droits obtiennent une rallonge des indemnités jusqu’à cent vingt jours. Les entreprises ont aussi leurs cadeaux.

Il ne sera pas possible de «sauver tout le monde», a admis Guy Parmelin.

Il ne sera pas possible de «sauver tout le monde», a admis Guy Parmelin. Image: Keystone

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Après avoir débloqué 42 milliards pour aider les entreprises et les employés, le Conseil fédéral vole au secours des chômeurs. Il a décidé mercredi d’adopter de nouvelles mesures en faveur des personnes qui entrent, sont ou vont sortir de l’assurance chômage. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère puisque ces changements coûteront 600 millions de francs par mois à la caisse chômage.

Première mesure spectaculaire? Elle concerne les chômeurs en fin de droits qui vont sortir de l’assurance. Pour empêcher cela, le Conseil fédéral leur accorde une rallonge allant jusqu’à 120 indemnités journalières supplémentaires. Une bonne nouvelle pour ceux qui redoutaient de sortir de la caisse avec une économie plombée qui licencie plutôt qu’elle n’embauche. Le gouvernement a aussi décidé que ceux qui sont licenciés, justement, n’auront pas à se rendre physiquement dans leur commune ou à l’office régional de placement pour le premier entretien de conseil et de contrôle. Ils pourront le faire par téléphone dans les trente jours qui suivent leur inscription.

La recherche d'emploi ne doit pas s'arrêter

Qu’est-ce qui change maintenant pour les personnes déjà inscrites au chômage? Elles n’auront pas besoin de fournir immédiatement la preuve de leurs recherches d’emploi. «Mais attention, a précisé le chef de l’Économie Guy Parmelin, cela ne veut pas dire qu’on arrête de chercher un emploi. Simplement on apportera la preuve de ces recherches un mois après la fin de la crise du coronavirus.»

Les chômeurs vont en revanche perdre provisoirement un droit: celui d’être informé cinq jours à l’avance des places vacantes dans les entreprises travaillant dans un secteur à chômage élevé. Le Conseil fédéral y voit un allègement administratif pour les entreprises. Autre cadeau pour les employeurs: ils pourront taper dans les réserves pour payer les cotisations 2e pilier des salariés. Le gouvernement précise que cela n’aura aucun effet négatif pour les salariés. La mesure permettra en revanche aux patrons de surmonter un problème temporaire de liquidités.

Beaucoup de questions ont été posées lors de la conférence de presse. Comme celle-ci: que conseille Guy Parmelin à un employé dont l’entreprise ne respecte pas les consignes sanitaires, et qui ne veut pas se plaindre de peur d’être licencié? «D’abord, cette entreprise agit dans l’illégalité. Et si un syndicat ne peut pas intervenir, l’employé peut s’adresser à l’inspectorat cantonal du travail ou à la Suva.»

«Je ne vais pas mentir»

Alors que le président français, Emmanuel Macron, proclame «qu’aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite», la Confédération peut-elle faire une telle promesse? «Les promesses rendent les fous joyeux», note Guy Parmelin d’un ton bonhomme. Il souligne que la Confédération va massivement aider les entreprises comme elle ne l’a jamais fait. «Il est vrai que la foudre s’est abattue sur nombre de PME.» Mais selon lui, chaque cas est différent. Et de conclure: «Je ne vais pas vous dire qu’on va sauver tout le monde. Ce serait mentir.»

Le Conseil fédéral a aussi décidé de soumettre à autorisation l’exportation de matériel médical. Cela ne s’applique pas aux pays de l’Union européenne. N’est-ce pas très conciliant dans la mesure où quelques importations suisses de matériel médical sont toujours bloquées dans les pays voisins? «Nous sommes plus européens que certains pays de l’Union européenne», ironise froidement Guy Parmelin. Il reconnaît que les cargaisons suisses ne sont pas toutes débloquées en raison «d’un délire administratif». Il dit suivre de près la situation. «Ce n’est pas une action qui est dirigée contre la Suisse. Il y a des blocages entre pays au sein de l’UE.»

Qu’en est-il enfin des chantiers bloqués dans certains cantons alors que la Confédération les autorise s’ils respectent les normes sanitaires? Le Conseil fédéral n’a toujours pas trouvé une formule miracle pour que tout le monde parle d’une même voix.

Créé: 25.03.2020, 21h45

Lettre des patrons au Conseil fédéral

Il s’agit d’une lettre spéciale adressée à tous les conseillers fédéraux. La liste des signatures, qui s’étend sur deux pages, est plus longue que la lettre proprement dite. Le premier signataire est le président d’Economie Suisse, Heinz Karrer, mais les responsables des employeurs, du commerce, des hôtels, des banques, des compagnies d’assurances, de la construction, des produits pharmaceutiques, de l’horlogerie, du textile et des machines-outils ont aussi déposé leur paraphe. Tout le gratin économique.

Ces responsables et patrons demandent au Conseil fédéral d’empêcher certains cantons de fermer des entreprises. Dans leur intervention, qui n’a pas encore été rendue publique, les plus hauts représentants de l’organisation faîtière indiquent clairement qu’ils soutiennent les «mesures drastiques» du gouvernement national pour protéger la population. Cependant, ils réclament un retour à la normale dès le 19 avril pour ne pas mettre l’économie à bas.

Tout dépendra bien sûr de l’évolution de l’épidémie. Interrogé mercredi, le chef de la division des maladies transmissibles, Daniel Koch, n’a pas voulu dire si la progression était désormais freinée. Il se prononcera en fin de semaine.

CEL.ENQ./AR.G.

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