Guy Parmelin recherche des «cyberguerriers»

SuisseLe DDPS continue de se renforcer dans la guerre électronique. Mais il peine à recruter, les spécialistes préférant se tourner vers le secteur privé.

Guy Parmelin rencontre des difficultés de recrutement pour muscler la cyberdéfense au DDPS.

Guy Parmelin rencontre des difficultés de recrutement pour muscler la cyberdéfense au DDPS. Image: Keystone

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Guy Parmelin ne le cache pas. La Confédération subit pratiquement chaque jour des cyberattaques, explique-t-il dans une interview parue le 23 octobre dans le Tages-Anzeiger. Il précise néanmoins que la Suisse n'est pas engagée dans une cyberguerre.

«Mais nous devons nous y préparer. Il est imaginable qu'un ennemi nous attaque un jour et mette à mal nos infrastructures sensibles comme les hôpitaux, les centrales nucléaires ou la signalisation routière», souligne le Conseiller fédéral en charge du DDPS.

Pas question non plus de se lancer dans une contre-attaque. «On ne sait jamais ce qui peut venir en retour. C'est vraiment une mesure de dernière extrémité. Mais cette décision relève du seul Conseil fédéral.»

Recruter des talents

Guy Parmelin revient sur les deux dernières attaques couronnées de succès que son département a subi depuis son entrée en fonction. «Avec le recul, je dois le reconnaître: nous étions très mal préparés. Mais le DDPS n'est pas le seul département à devoir gérer ce genre de problème. Après le choc initial, nous avons intensifié nos travaux et nous pouvons dorénavant mieux réagir à ces attaques que lors de mon entrée en fonction en 2016.»

Et dans ce domaine, le département de la défense rencontre des difficultés de recrutement. Il ne dispose pas de suffisamment de cyberguerriers, regrette Guy Parmelin. «Nous avons actuellement une cinquantaine de postes dédiés à la cyberdéfense et nous en voulons 100 de plus d'ici 2020. Nous prévoyons de former chaque année 50 spécialistes à notre école de recrues de Jassbach, responsable de la guerre électronique.»

Mais la concurrence est rude avec le secteur privé, également très gourmand en spécialistes informatiques. «Prenez Google. Le groupe emploie déjà en Suisse 2500 collaborateurs et il compte porter ses effectifs à 6000 employés. Chaque année, nos écoles polytechniques fédérales forment 250 spécialistes et 200 d'entre eux vont directement chez Google. C'est une rude concurrence pour nous.»

Une armée plus «cool»?

Le Conseiller fédéral ne croit pas qu'il suffit d'augmenter les salaires pour attirer les talents. «Ces spécialistes réagissent à une forte motivation interne. Aussi devrions-nous modifier certaines choses: peut-être ne devrions nous pas leur ordonner quoi faire. Nous pourrions être plus ouverts et plus flexibles. Mais le contexte est clair: il s'agit toujours de l'armée.»

Parmi les solutions avancées par Guy Parmelin pour pallier à ces manques figure la possibilité pour les informaticiens d'effectuer leur service militaire au sein de la cyberdéfense ou encore d'y incorporer des jeunes dispensés d'écoles de recrues pour des raisons médicales. Une intensification de la collaboration avec les hautes écoles est également en cours, a ajouté le Conseiller fédéral.

Créé: 23.10.2017, 12h25

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