La guerre commerciale de Trump sème le trouble

Relations Suisse - Etats-UnisDes élus fédéraux iront à Washington en avril pour plaider la cause des échanges avec la Suisse. Réactions.

La conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE) craint les conséquences pour la Suisse de la politique ultraprotectionniste de Trump.

La conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE) craint les conséquences pour la Suisse de la politique ultraprotectionniste de Trump. Image: Keystone

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Elle s’était déjà inquiétée il y a un an, alors que Donald Trump n’était que candidat à l’investiture républicaine. Ces derniers jours, la conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE) en a remis une couche dans la presse alémanique: non seulement elle critique les dérives populistes du président américain, mais elle craint les conséquences pour la Suisse de sa politique ultraprotectionniste. Présidente du groupe parlementaire Suisse - Etats-Unis, elle emmènera en avril une petite délégation suisse à Washington pour aborder ces problèmes avec des membres du Congrès, des groupes de réflexion, des représentants d’ONG et d’associations professionnelles, a-t-elle indiqué dimanche à la Schweiz am Sonntag.

Pourquoi notre pays serait-il si exposé? C’est en raison de sa balance commerciale avec les Etats-Unis, deuxième destination des exportations suisses (derrière l’Union européenne). Les firmes américaines ont acheté des biens helvétiques d’une valeur totale de 31 milliards de francs l’an dernier. Dans l’autre sens, les importations de produits américains en Suisse n’ont atteint «que» 14 milliards. D’où un déficit commercial de 17 milliards, du point de vue de l’administration Trump.

Pharmas sous pression

Le nouveau locataire de la Maison-Blanche a déjà menacé plusieurs pays exportateurs – dont le Mexique, la Chine, le Japon et l’Allemagne – de sanctions douanières ou fiscales. La Suisse pourrait elle aussi faire face à des mesures de rétorsion visant à réduire cet écart commercial, estiment certains experts. Donald Trump a d’ailleurs demandé il y a quelques jours à plusieurs grands groupes pharmaceutiques, dont Novartis, de produire davantage de médicaments aux Etats-Unis, tout en baissant leurs prix.

Concrètement, quel est le danger? Professeur de relations internationales à l’Université de Berne, Manfred Elsig livre un exemple historique: dans les années 1980, les Etats-Unis avaient contraint le Japon à limiter ses exportations automobiles à 1,7 million d’unités par an. Pour s’opposer à une mesure similaire, la Suisse devrait compter sur l’appui d’autres pays. Carlo Sommaruga (PS/GE), membre de la Commission de politique extérieure (CPE) du Conseil national, prend la menace au sérieux. «Ce que Trump dit, il le fait, et il le fait seul», constate-t-il.

Le Genevois n’est dès lors pas convaincu de la pertinence de la démarche de Christa Markwalder et de ses collègues. «Les membres du Congrès sont en majorité partisans du libre-échange, souligne-t-il. Le problème ne vient pas de là.» Pour Carlo Sommaruga, c’est au Conseil fédéral de se positionner clairement. Il entend soulever ce thème en séance de commission, dans une semaine.

Le poids des emplois

Le professeur Elsig, lui, estime que la mission parlementaire à Washington a tout son sens. «Pour la mise en œuvre de ses décrets, Donald Trump dépend du Congrès», observe-t-il. Laurent Wehrli (PLR/VD), qui siège lui aussi à la CPE du National, abonde dans ce sens. «Les visées protectionnistes peuvent être un élément perturbateur pour l’économie, mais il faudra voir ce qui va réellement se mettre en place, dit-il. Cette attitude est très typique du chef d’entreprise américain qui avance tant qu’on ne lui dit pas stop.»

Au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), «on espère que Trump finira par se plier aux réalités du commerce mondial», avance la Schweiz am Sonntag. Pour sa part, Laurent Wehrli veut croire aux atouts du «Swiss made» et au poids des entreprises suisses aux Etats-Unis. «Elles n’ont pas à rougir, puisqu’elles emploient des centaines de milliers de personnes sur place (ndlr: environ 300'000 en 2014, selon le Département fédéral des affaires étrangères), estime le Vaudois. Par rapport à notre population, c’est un chiffre élevé. A mon avis, il s’agit d’un argument fort à faire valoir.»

Mais un autre danger guette, conclut la NZZ am Sonntag: les Républicains planifient une refonte radicale du système fiscal américain, qui reviendrait à taxer lourdement les importations, d’où qu’elles viennent. Donald Trump osera-t-il déclencher la guerre du commerce mondial?

(TDG)

Créé: 06.02.2017, 07h21

Les charmes de la Suisse version Trump



«Nous avons les plus belles femmes du monde. Notre pays est sûr: il n’y a pas un Mexicain à l’horizon. Comme vous, M. le président, nous adorons l’or. On a fait fondre celui des juifs, comme on fait fondre le fromage dans les caquelons. Et nous aimons les Russes, nous avons bâti Saint-Moritz pour eux.» Grinçante mais irrésistible, la vidéo, déjà visionnée plus de six millions de fois en à peine quatre jours, fait un carton sur les réseaux sociaux.

Produite par le programme alémanique SRF Comedy et intitulée «Switzerland Second», elle s’inspire du clip «The Netherlands Second» (Les Pays-Bas seconds) produit par une émission satirique hollandaise . Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de répondre au slogan protectionniste de Donald Trump «America First» par la dérision et l’humour noir.

Portée par une voix imitant celle de Trump et reprenant ses superlatifs, la vidéo vante en anglais les charmes de la Suisse. Le tout avec des arguments susceptibles de plaire au président américain. «Les femmes nous ont laissé leur interdire de voter jusqu’en 1971, voire 1990, c’était génial!» La vidéo précise que la Suisse déteste l’Union européenne et que l’atout au jass (Trumpf en allemand) se veut un hommage à Trump. Faisant un improbable parallèle entre le drapeau suisse et l’écusson du Ku Klux Klan, cette drôle de promo en arrive à la loi des soins abordables Obamacare, que Trump veut abroger: «Remplacez-la par Exit. Cette organisation, géniale, vient vous tuer si vous êtes vieux et malade. »

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