Guaido veut que la Suisse s'oppose à l'extraction d'or

WEFLors du Forum économique mondial jeudi à Davos, le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido a demandé que la Suisse agisse face à l'extraction illégale d'or dans son pays.

Juan Guaido a plaidé auprès de la Suisse et de ses autres interlocuteurs à Davos pour que le trafic d'or au Venezuela soit «stoppé».

Juan Guaido a plaidé auprès de la Suisse et de ses autres interlocuteurs à Davos pour que le trafic d'or au Venezuela soit «stoppé». Image: Keystone

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Le président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido souhaite que la Suisse oeuvre face à l'extraction illégale d'or dans son pays. Jeudi au WEF à Davos (GR), il a accusé ceux qui achètent cette ressource de financer un «conglomérat criminel» et des groupes armés.

Interrogé sur ses attentes de la Suisse, Juan Guaido a estimé devant quelques journalistes qu'il faut «stopper» ce trafic d'or et son financement qui alimente, selon lui, le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro et des mouvements comme la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN) en Colombie. Un message qu'il avait également lancé à l'ensemble de la communauté internationale lors de son discours au Forum économique mondial (WEF).

La Suisse reste le principal marché mondial du commerce de l'or. Celui-ci constitue une composante importante dans les exportations du pays. L'UE et les Etats-Unis appliquent des sanctions contre le Venezuela. Juan Guaido a dit devant la presse avoir plaidé auprès de ses interlocuteurs tout au long de la journée pour que de tels dispositifs soient appliqués à l'or. Il est aussi inquiet de l'activité des groupes armés à la frontière du pays.

Rencontres à Davos

Le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne est reconnu par plusieurs dizaines de pays comme chef de l'Etat intérimaire. Parmi ses rencontres à Davos, il a pu voir le président colombien Ivan Duque, la chancelière allemande Angela Merkel ou encore le premier ministre néerlandais ou grec.

Mais pas le président américain Donald Trump, parti mercredi. «Nous avons une visite chargée», explique-t-il après être arrivé de Londres puis de Bruxelles. Il se rendra aussi en Espagne où il sera reçu par le gouvernement mais pas par Pedro Sanchez.

«Nous cherchons le soutien» de l'ensemble de la communauté internationale, pas seulement des alliés actuels comme le groupe de Lima, pour changer le régime de Nicolas Maduro, dit-il. Il veut capitaliser en 2020 sur les efforts menés pour rendre son pays «libre».

Selon lui, comme les deux tentatives de négociations avec le gouvernement Maduro ont échoué, il faut dès que possible une élection présidentielle mais celle-ci demande des «garanties». Il estime avoir l'appui d'environ 90% des Vénézuéliens et, lui qui a déjà été arrêté, admet que «l'armée est clé». Pour cette raison, il promet aux militaires de meilleures conditions pour améliorer la situation à plus long terme.

La «dictature» de Maduro

Devant les participants du WEF, il a appelé à ne pas abandonner son pays dont il veut rétablir l'attachement aux «droits de l'homme» face à la «dictature» du président Nicolas Maduro. «Des personnes sont emprisonnées parce que je suis venu ici» pour ce discours, a-t-il ajouté, déplorant la «persécution» des députés opposés au régime dont certains sont toujours détenus.

La crise politique vénézuélienne a provoqué d'importantes tensions entre Nicolas Maduro et Donald Trump, qui considère Juan Guaido comme chef de l'Etat. De son côté, la Suisse reconnaît des Etats, pas des gouvernements. Juan Guaido est «le légitime président du Parlement» vénézuélien, a affirmé jeudi devant la presse le conseiller fédéral Ignazio Cassis. «C'est dans ce rôle que nous l'accueillons» à Davos.

Après le début des tensions avec le Venezuela, les Etats-Unis avaient demandé à la Suisse de représenter leurs intérêts dans ce pays mais il faut toujours l'accord du gouvernement de Nicolas Maduro. Celui-ci «est prêt à donner son feu vert» mais seulement lorsque la question des intérêts vénézuéliens aux Etats-Unis sera réglée, a expliqué M. Cassis. Or Nicolas Maduro n'a pas demandé à la Suisse ni à aucun autre pays un tel mandat.

Juan Guaido a également rencontré des patrons pour discuter des affaires au Venezuela une fois que le président sera parti, dit-il. L'opposant à Nicolas Maduro se dit aussi inquiet pour la situation des réfugiés. La crise politique au Venezuela a provoqué au total le déplacement d'au moins 3,5 millions de personnes en trois ans, selon l'ONU. (ats/nxp)

Créé: 23.01.2020, 22h26

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