Griller le feu rouge à vélo? L’expérience bâloise séduit

MobilitéBâle autorise les vélos à griller certains feux rouges dans le but de fluidifier le trafic. La mesure pourrait s’étendre.

Le vélo jaune sur fond noir indique aux cyclistes qu’ils sont autorisés à tourner à droite au feu rouge si la voie est libre. Ils n’ont cependant pas la priorité.

Le vélo jaune sur fond noir indique aux cyclistes qu’ils sont autorisés à tourner à droite au feu rouge si la voie est libre. Ils n’ont cependant pas la priorité. Image: PRO VELO/LDD

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Le feu est rouge. Au lieu de patienter, le cycliste s’engage dans le carrefour, tourne à droite et poursuit son chemin. La pratique est courante dans les villes de Suisse. Mais elle n’est légale qu’à Bâle, où les autorités mènent depuis juin 2013 une expérience pilote censée favoriser la mobilité douce. Avec un certain succès, puisque aucun accident n’a été enregistré aux quatre intersections concernées. «Les cyclistes ont été nombreux à faire usage de cette possibilité et cela a permis de diminuer les conflits avec les véhicules motorisés», se réjouit par ailleurs le Département des travaux publics et des transports de Bâle-Ville (BVD).

Fort de ce constat, le BVD a demandé à l’Office fédéral des routes (Ofrou) de modifier la législation sur la circulation routière afin de permettre la généralisation du «tourner à droite» cycliste en Suisse. Or l’instance compétente tempère cet enthousiasme avec une bonne dose de prudence. «Une modification de loi n’entre pas en ligne de compte pour l’instant, affirme Guido Bielmann, porte-parole de l’Ofrou. Les résultats ne sont pas encore assez satisfaisants.» L’essai était trop restreint, précise-t-il, pour que des conclusions définitives en soient tirées. D’où la décision de prolonger sa durée jusqu’en 2016 et de l’étendre à huit carrefours supplémentaires en ville de Bâle.

Chacune de ces intersections sera donc équipée du petit panneau auquel se sont habitués les Bâlois: il montre, sur fond noir, un vélo et une flèche jaune pointée vers la droite. Autorisés à «griller» le feu rouge, les cyclistes n’ont cependant pas la priorité. Ils doivent à la fois prendre garde aux piétons qui traversent la chaussée et aux voitures qui arrivent sur leur gauche. Deux points qui suscitaient les craintes du Conseil fédéral en 2011: répondant à une interpellation du conseiller national Vert Antonio Hodgers (GE), le gouvernement avait alors mis en exergue les risques de collision pour refuser d’accorder cette faveur aux adeptes de la petite reine. «De plus, ajoutait-il, les cyclistes qui circulent depuis la gauche, prioritaires, risquent d’être déportés et ainsi mis en danger par les voitures qui les suivent.»

«Si on informe correctement les gens, cela peut tout à fait fonctionner, estime le président du lobby national Pro Vélo, Jean-François Steiert. L’expérience bâloise le prouve.» Le conseiller national (PS/FR) estime que ce système profite aussi au trafic automobile: «Les conducteurs qui tournent eux aussi à droite n’ont plus à attendre le départ des cyclistes lorsque le feu passe au vert.» Le parlementaire promet d’activer ses contacts à Berne pour promouvoir ce changement.

Intérêt en Suisse romande

Qu’en disent les milieux concernés? Le Touring Club Suisse «salue l’examen de cette possibilité et prendra position sur la base du rapport d’évaluation final», indique son porte-parole, Yves Gerber. Idem au Bureau de prévention des accidents (BPA), qui dit suivre également les expériences menées à l’étranger. Car plusieurs villes européennes ont déjà introduit le «tourner à droite» cycliste. Et non des moindres: Paris, Bordeaux, Strasbourg, Bruxelles notamment. «Mais il est toujours délicat de faire des comparaisons avec les pays étrangers, où l’organisation du trafic en ville peut être bien différente», relève Guido Bielmann, de l’Ofrou. A Genève, tout comme à l’Etat de Vaud, on suit avec attention la tentative de Bâle-Ville. «Nous nous y rendrons prochainement pour un examen technique de la situation, indique Alexandre Pina, directeur de la planification au sein de la Direction générale des transports (GE). Le positionnement politique suivra.» (TDG)

Créé: 02.03.2015, 09h30

Ailleurs, même les voitures y ont droit

Tourner à droite au feu rouge si la voie est libre? Cette possibilité n’étonnera pas celles et ceux qui ont déjà voyagé en voiture au Québec ou aux Etats-Unis. Cette règle – en anglais, «right on red» – s’applique à tous les véhicules depuis des décennies dans de nombreuses villes et Etats d’Amérique du Nord. Elle prévoit néanmoins des exceptions: certains carrefours sont équipés d’un panneau indiquant une interdiction de tourner à droite au feu rouge. A New York, c’est l’inverse: l’interdiction est générale, sauf aux intersections dotées d’un panneau spécial.
En Europe, plusieurs pays ont adopté ce dernier système (interdiction générale sauf exceptions). Ainsi, en Allemagne, des milliers de carrefours sont équipés de flèches vertes indiquant qu’il est permis de tourner à droite au feu rouge.

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