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Greenpeace veut plus de transparence sur Beznau I

L'association écologique et 40 autres organisations réclament une audition publique et doutent que le réacteur puisse être relancé de manière sûre, étude à l'appui.

Archives/photo d'illustration, Keystone

Les associations de protection de l'environnement, le Parti socialiste ainsi que les Verts suisses et allemands déplorent la communication «au compte-gouttes» de l'entreprise Axpo qui exploite la centrale nucléaire de Beznau, à Döttingen (AG). «Nous devons pouvoir discuter ouvertement des risques qu'entraînerait un redémarrage du réacteur I», a déclaré jeudi Christian Engeli, responsable de campagne de Greenpeace, aux médias réunis à Zurich.

Rapports sans caviardage

Pour cela, Axpo doit rendre publics et transparents les rapports sur l'état des cuves des deux réacteurs de Beznau, estime l'organisation. Christian Engeli a montré aux journalistes les 950 pages d'un rapport sur la question, daté de 2012, aux passages entiers caviardés en noir.

Autre revendication, l'exploitant de la centrale sise à Döttingen doit participer à des auditions publiques en présence d'experts indépendants avant de décider si et quand le réacteur sera redémarré. Le public est en droit de connaître l'état exact de la centrale, insiste Christian Engeli qui ajoute qu'il est aussi dans l'intérêt d'Axpo de rétablir la confiance.

Greenpeace donne à l'entreprise jusqu'au 13 juin pour accepter cette «invitation». Le groupe électrique a annoncé la semaine dernière qu'il s'attendait à un redémarrage avant la fin de l'année.

Sécurité «difficile» à prouver

D'ici là, Axpo doit démontrer à l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) que la cuve de pression ne posera pas de problèmes de sécurité. Sa partie supérieure comporte un défaut de fabrication, selon Axpo: 925 «mini-trous» de quelques millimètres.

«Il va être très difficile de démontrer que Beznau I est sûr», a souligné Simone Mohr, ingénieure spécialisée en sécurité des installations nucléaires pour l'institut allemand Oeko. Son étude mandatée par Greenpeace montre qu'aucune méthode ne permet de prouver avec suffisamment d'assurance que la cuve de pression ne présente aucun risque de friabilité pouvant, au pire, entraîner une catastrophe nucléaire.

Méthodes incertaines

De manière générale, les démarches engagées par Axpo pour établir son rapport analysant l'intégrité du réacteur présentent de fortes incertitudes, selon Oeko. Il n'existe pas d'échantillon possédant des propriétés similaires au métal de la cuve de pression de Beznau I. A ce sujet, Axpo a admis la semaine dernière que la recherche d'échantillons les plus proches possible du matériau utilisé à Beznau constituait un défi de taille.

L'étude présentée par la chercheuse allemande met par ailleurs en doute la méthode de calcul choisie par Axpo pour évaluer le risque de rupture de la cuve de pression. Elle n'est pas la plus prudente qui soit, selon l'institut. La méthode la plus classique indiquerait même que la limite acceptable est déjà presque atteinte.

A l'arrêt depuis plus d'un an, le réacteur I de la centrale nucléaire de Beznau est le plus ancien du monde. Vieux de 47 ans, il a été débranché du réseau électrique en mars 2015 dans le cadre d'une révision qui a révélé les défauts sur la cuve de pression.

(ats)

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