Grandes attentes pour la venue de Juncker à Berne

SuisseLe président de la commission européenne Jean-Claude Juncker est en visite ce jeudi en Suisse. Il sera question du milliard de cohésion.

L'arrivée de Jean-Claude Juncker à Berne
Vidéo: Christine Talos

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La visite à Berne du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker jeudi suscite de grandes attentes côté suisse. Le Conseil fédéral a fait durer le suspense jusqu'ici sur sa stratégie pour assurer le développement des relations bilatérales avec l'UE.

Après avoir arrêté sa position pour la visite mercredi dernier, il est notamment resté muet sur un nouveau «milliard de cohésion» que Berne pourrait verser à l'Union européenne (UE) afin d'y réduire les inégalités. Il s'agit d'une décision autonome de la Suisse, insiste la Berne officielle. Mais elle pourrait surtout être perçue comme un geste de bonne volonté envers Bruxelles, assorti ou non de conditions.

Fin septembre, le Conseil fédéral avait juste annoncé vouloir mettre un accent sur la formation professionnelle et la migration. La contribution suisse pourrait être au centre de la cérémonie de signatures prévue jeudi avec Jean-Claude Juncker. En 2006, pour le «premier» milliard, une déclaration d'intention politique avait été signée avec l'UE. Le Parlement devrait encore se prononcer sur un tel crédit.

Grogne de droite

Seule l'UDC ne veut rien savoir. Les autres partis attendent de voir ce que l'Union européenne est prête à offrir en contrepartie. La droite s'inquiète aussi de l'accord cadre souhaité par Bruxelles afin de garantir l'accès au marché européen via une reprise plus systématique du droit de l'UE.

Elle s'irrite du mécanisme esquissé pour régler les différends qui confierait à la Cour européenne de justice de trancher les désaccords sur la reprise suisse du droit européen. Les juges ne livreraient qu'une interprétation contraignante du droit, la solution concrète du conflit se faisant au niveau politique, via un comité mixte, a répété l'ancien chef de la diplomatie Didier Burkhalter. Son message n'a toutefois pas passé.

Son successeur Ignazio Cassis est très attendu sur le dossier. Estimant le discours empoisonné, le nouvel élu a considéré qu'il faudrait «réinitialiser le logiciel». En fonction depuis moins d'un mois, il ne peut toutefois pas faire table rase des décisions prises par le Conseil fédéral avant son arrivée.

Débloquage présidentiel

Le nouveau ministre échappera toutefois aux feux de la rampe jeudi. La présidente de la Confédération Doris Leuthard conduira avec M. Juncker les entretiens officiels entre les deux délégations puis informera la presse avec le Luxembourgeois. Quelques doutes ont plané avant la réunion. Mme Leuthard et M. Junker se sont encore téléphoné lundi sans que rien ne filtre de la conversation.

La présidente de la Confédération avait déjà réussi à débloquer au printemps certains sujets et à accélérer les négociations dans les dossiers techniques. Depuis une série d'avancées ont été réalisées.

L'accord sur la suppression des obstacles techniques au commerce a pu être actualisé et l'accord pour arrimer la Suisse à la bourse de carbone de l'UE va être signé prochainement. Des progrès ont été évoqués dans le dossier de l'équivalence des services financiers.

La Bourse suisse espère obtenir bientôt le certificat d'équivalence dont elle a besoin pour être active dans toute l'Europe. Des négociations pourraient être menées sur l'adhésion de la Suisse à l'Agence européenne pour les chemins de fer.

Immigration bloquante

Le développement de la voie bilatérale avait été bloqué en 2013 par le vote des Suisses en faveur de l'initiative sur l'immigration de masse. Y voyant une atteinte à la libre circulation des personnes, l'UE a immédiatement réagi en excluant les Suisses du programme d'échange d'étudiants Erasmus et les chercheurs helvétiques du programme de recherche européen Horizon 2020.

La situation ne s'est débloquée qu'avec l'adoption en décembre 2016 par le Parlement d'une loi d'application «light» de l'initiative de l'UDC. La visite de Jean-Claude Juncker devrait sceller la normalisation des relations bilatérales. (ats/nxp)

Créé: 23.11.2017, 10h12

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