Genève veut que la Suisse aide Julian Assange

WikLeaksLa ville demande à Berne d'intervenir en faveur du fondateur de WikiLeaks arrêté jeudi.

Julian Assange, arrêté jeudi à Londres.

Julian Assange, arrêté jeudi à Londres. Image: Reuters

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Hasard du calendrier, alors même que Julian Assange se faisait arrêter jeudi à l’ambassade équatorienne à Londres, une lettre est parvenue aux autorités suisses, selon la «SonntagsZeitung». Il s’agit d’une résolution du parlement de la Ville de Genève qui demande à Berne de proposer ses bons offices dans l’affaire qui secoue la planète WikiLeaks.

Cette résolution sans contrainte adoptée le 5 février par le Conseil administratif demande au Conseil fédéral «de concrétiser sa politique de protection des défenseurs des droits de l’homme en offrant ses bons offices et en entreprenant toutes les démarches nécessaires à la sauvegarde de la vie et de l’intégrité corporelle de M. Julian Assange.» Son initiateur, l’UDC Éric Bertinat, avait à l’époque largement été suivi par la gauche genevoise, ce qui en avait fait sourire plus d’un.

«C’est une démarche de personne et non de parti, souligne d’emblée le principal intéressé. M. Assange est atypique, clivant, mais qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il nous met face à des problèmes nouveaux. Il faut donc ouvrir la discussion. Dans ce sens, un vieux conservateur comme moi est plutôt progressiste!»

Cette résolution est aussi un moyen de revenir à la charge, après le refus du Conseil fédéral en 2017 de donner suite à l’interpellation d’un autre UDC, le conseiller national valaisan Jean-Luc Addor. Celui-ci avait demandé à l’époque que Berne accorde le droit d’asile à Julian Assange. Le Conseil fédéral avait alors répondu que le fondateur de WikiLeaks n’était pas un défenseur des droits de l’homme et que la Suisse ne pouvait donc pas le protéger comme tel.

Bons offices suisses

«M. Assange est enfermé, il ne sait pas pourquoi il est inculpé, les pressions des autorités américaines sont énormes, en dehors de la justice et des droits de l’homme», s’insurge Éric Bertinat. Pour lui, la Suisse, qui vient d’être approchée par Washington pour défendre les intérêts américains dans la crise du Venezuela, pourrait proposer ses bons offices dans cette affaire. «Il y a une grosse communauté derrière Julian Assange, qui attend beaucoup. La Suisse est la mieux placée pour réagir.»

Des propos tempérés, sinon balayés, par le libéral-radical genevois Simon Brandt. «Ce débat peut avoir lieu, je n’y suis pas opposé en tant que tel, mais c’est le rôle de la Confédération de décider où et quand. Est-ce que ce monsieur a demandé l’asile à Genève? On se mêle de ce qui ne nous regarde pas.»

L’appel d’Assange senior

Pendant ce temps, la saga Assange s’est poursuivie ce week-end. Le père du fondateur de WikiLeaks a exhorté dimanche le gouvernement australien à rapatrier son fils en Australie. Il s’est dit choqué de l’état visiblement affaibli de son fils lors de son arrestation jeudi à Londres.

En parallèle, par la voix de son avocate, l’informaticien s’est déclaré prêt à coopérer avec les autorités suédoises si celles-ci demandent son extradition, mais que la priorité reste d’éviter une extradition aux États-Unis. Assange avait trouvé refuge il y a sept ans dans l’ambassade équatorienne pour échapper à un mandat d’arrêt britannique pour des accusations de viol et d’agression sexuelle de deux femmes en Suède, accusations qu’il a toujours niées. La première plainte pour agression sexuelle est certes prescrite depuis 2015 et la Suède a abandonné les poursuites dans la seconde affaire de viol en mai 2017, faute de pouvoir faire avancer l’enquête. Mais à l’annonce de l’arrestation l’avocate de cette seconde plaignante a réclamé la réouverture de l’enquête.

Ce rebondissement pourrait éviter à Julian Assange l’extradition aux États-Unis, qui l’accusent d’avoir aidé l’ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret­défense. Cette demande d’extradition sera examinée par la justice britannique le 2 mai.

(TDG)

Créé: 14.04.2019, 20h35

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