Qui sont les futurs patrons des trois partis de la droite suisse?

PolitiquePDC, PLR et UDC s'accordent sur un dénominateur commun: moins d’Etat, moins d’écologie, pas trop d’ouverture au monde.

Gerhard Pfister (PDC), Petra Gössi (PLR), Albert Rösti (UDC)

Gerhard Pfister (PDC), Petra Gössi (PLR), Albert Rösti (UDC) Image: GAETAN BALLY/Keystone

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Moins d’Etat, moins d’écologie, et surtout pas trop d’ouverture au monde. Si l’on devait réunir les trois candidats aux présidences du PDC (Gerhard Pfister), du PLR (Petra Gössi) et de l’UDC (Albert Rösti) sous une seule bannière, ce serait celle-là. «Je crois qu’au fond, le virage à droite des élections fédérales de 2015 se reflète dans ces candidatures. Paradoxalement moins à l’UDC avec Albert Rösti, mais au PLR et au PDC, tant Petra Gössi que Gerhard Pfister incarnent le libéralisme fiscal et financier», analyse la conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD). Le tableau est mordant: «Ces personnalités n’ont jamais manifesté un sens de l’Etat dans leur parcours politique, et je ne me souviens pas qu’elles aient fait preuve d’une certaine indépendance d’esprit face au dogme libéral.»

Seuls en lice

Loin des pronostics initiaux, les papables PDC et PLR font en effet de la politique à droite de leur formation. A l’UDC, le candidat désigné Albert Rösti se situe, lui, plutôt sur l’aile gauche de son parti. Tous trois sont seuls en lice. Autant dire que l’axe bourgeois devrait se montrer bientôt plus compact et plus efficace que lors de la dernière législature avec un Christophe Darbellay (PDC), un Philipp Müller (PLR) et un Toni Brunner (UDC), qui ne s’entendaient qu’en apparence.

Pour quels effets concrets? La nouvelle garde est à l’unisson contre un congé parental, contre la sortie programmée du nucléaire, contre une adhésion à l’UE, contre un droit de vote facilité pour les étrangers. Et, bien sûr, leur maître mot sera la rigueur budgétaire. «C’est positif. Cela nous permettra d’avancer sur certains dossiers. Ce nouveau trio va amener un certain dynamisme dans le sens de moins de charges et de bureaucratie», estime le conseiller national Raymond Clottu (UDC/NE).

Pour la Suisse centrale

Au moins d’Etat revendiqué par les trois papables s’ajoute une certaine vision de la Suisse. En tout cas pour deux d’entre eux. Tant la PLR Petra Gössi que le PDC Gerhard Pfister revendiquent leur amour et leur défense de la Suisse centrale, elle venant de Schwytz et lui de Zoug. On ne parle pas de la Suisse rurale. A l’opposé du Muotathal, Petra Gössi vit dans le petit Triangle d’or, comme Gerhard Pfister, des cantons de Zurich, Zoug et Schwytz, contributeurs à la péréquation financière, cantons de la finance et des impôts très bas. Tous deux se montrent d’ailleurs suspicieux face à la solidarité confédérale.

Pour Géraldine Savary, leur vécu s’inscrit en décalage avec le quotidien de 80% de la population. «Là où les gens vivent, avec des besoins en transport, en formation, en services publics, avec le souci d’une réelle politique d’agglomération, ce n’est pas forcément à Schwytz, à Zoug, ni à la Bahnhofstrasse».

La perspective d’un duo PDC-PLR de Suisse centrale, flanqué d’une UDC qui prend ses ordres à Zurich, fait aussi grincer des dents les régions de montagne, dont le Valais. Raymond Clottu, lui, reste serein: «Le lobby agricole est important au parlement et il défend aussi les régions de montagne. Ce ne sont pas des présidents de parti qui peuvent changer cela.»


Le trio qui devrait diriger dès avril le bloc bourgeois

Petra Gössi est conseillère nationale depuis 2011. Elle préside aussi le PLR Schwytz. Elle siège dans la prestigieuse Commission de l’économie et des redevances et celle des affaires juridiques. Elle vient d’avoir 40 ans.
Juriste, elle travaille à Zurich pour l’entreprise Baryon, à 60%. Elle dispense des conseils, notamment fiscaux, à des entreprises. Elle chérit son job. C’est d’ailleurs par souci de conciliation qu’elle a longuement hésité à se porter candidate à la présidence du PLR. Elle est aussi membre du comité de l’USAM.
Son profil politique la plaçait en 2015 à 3,8 sur une échelle de -10 (tout à gauche) à 10 (tout à droite), selon le rating de l’institut Sotomo. Elle est ainsi la 3e élue la plus à droite du PLR.
Pas mariée, sans enfants, Petra Gössi est une tombe sur sa vie personnelle. «Privat ist privat», résume-t-elle sur sa page Internet. Tout au plus apprend-on qu’elle passe son temps libre à faire du sport. Elle s’exprime bien en italien, peu en français.


Gerhard Pfister n’est pas un bleu en politique fédérale. A 53 ans, le Zougois siège au Conseil national depuis 2003, actuellement dans les Commissions de politique extérieure et des institutions politiques.
Cet entrepreneur, comme il se décrit, a été directeur d’une école privée, où il a enseigné. Il a depuis vendu cet institut. Il fait de la politique en professionnel, agrémentée de mandats administratifs. Il est membre de l’Union patronale suisse.
Son profil politique le plaçait en 2015 à 3, sur une échelle politique allant de -10 (tout à gauche) à 10 (tout à droite). Il est ainsi le plus à droite des élus PDC sous la Coupole fédérale et se démarque régulièrement du vote de ses pairs.
Marié, sans enfants, ce fin stratège est un intellectuel. Dans sa liste de lectures, sur sa page Internet, il recommande tant la biographie de Roland Barthes que La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker, qui, dit-il, lui a coûté une nuit blanche. Il se débrouille en français.


Albert Rösti siège au Conseil national depuis 2011, comme Petra Gössi. Il est actif dans la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie, ainsi que dans la Commission de la science, la formation et la culture. Il a dirigé la campagne de l’UDC aux dernières élections fédérales. Avec succès. En retour, il est désigné futur président du parti. Il préside aussi la commune d’Uetendorf.
A 48 ans, cet ingénieur agronome dirige aujourd’hui son propre bureau de conseils économiques et politiques. Titulaire d’un MBA à l’Université Rochester de New York, il a par le passé dirigé les producteurs suisses de lait.
Son profil politique plaçait en 2015 Albert Rösti à 7,7 sur une échelle politique allant de -10 (tout à gauche) à 10 (tout à droite), au centre gauche de son groupe parlementaire UDC.
Marié, deux enfants, il se met volontiers en scène avec chiens et chevaux dans la verdure de son Oberland bernois. Il parle bien le français.

Créé: 09.02.2016, 07h34

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