À Fribourg, des étudiants fustigent l’homophobie d’une professeure

EnseignementUne théologienne est dans la ligne de mire. Mardi, une manifestation a réclamé son licenciement.

Université de Fribourg

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Les faits remontent à 2017. C’est un témoignage anonyme publié dans «Spectrum», le magazine des étudiants de l’Université de Fribourg, qui a mis le feu aux poudres le mois dernier. Le titre se veut provocateur: «Quand l’Université muselle l’arc-en-ciel». Une personne fustige notamment les propos d’une professeure qui aurait évoqué, durant un cours, «des centres de thérapie pour guérir de l’homosexualité». Selon ce témoignage, la théologienne aurait même déclaré que «l’homosexualité serait souvent née de traumatismes d’enfance causés par les parents, ce qui conduirait à une répulsion envers le sexe opposé». Choquée, la personne aurait alors cherché de l’aide auprès de l’institution fribourgeoise. En vain. Ce sont deux associations estudiantines luttant contre les discriminations homophobes, sexistes et racistes qui ont pris le relais avec véhémence.

Après avoir pris connaissance du témoignage à charge, le rectorat, par la voix de la vice-rectrice Chantal Martin Sölch, a envoyé une lettre ouverte à l’attention de la personne concernée. Elle se déclare «sincèrement désolée de l’expérience faite. Nous regrettons que vous n’ayez pas reçu le soutien nécessaire au moment des faits, ajoute la dirigeante. Nous ne pouvons pas contrôler tous les contenus des cours. Nous sommes en train de clarifier les circonstances de cette affaire.»

Licenciement exigé

Même si le cours a été suspendu provisoirement ce semestre, comme le révèle le quotidien «La Liberté», le rectorat clarifie qu’il ne s’agit en aucun cas d’une prise de position. Les instances dirigeantes entendent prendre le temps de la réflexion avec calme et distance. Pour Sharon Casu, présidente de l’association LAGO, qui défend les droits LGBT à l’Université de Fribourg, des décisions plus drastiques s’imposent. «Vu que c’est le seul cours que cette professeure donne, on réclame clairement son licenciement. Son enseignement n’est pas approprié à une institution comme celle de Fribourg, ni à aucune autre d’ailleurs. Son approche n’est pas scientifique.» Qu’est-ce qui dérange le plus? «Qu’elle ose dise des choses pareilles depuis quinze ans. Ce qui m’énerve, c’est que ça se déroule au niveau institutionnel de la fac de Fribourg. Cette femme a été protégée.»

Durant deux heures mardi soir, une bonne centaine d’étudiants ont donc manifesté à voix haute sous les fenêtres de l’Université. «Notre événement s’est tenu en même temps que le Conseil de la Faculté de théologie. Nous espérons qu’ils entendront nos voix et qu’ils prendront en considération notre existence. Nous demandons des mesures concrètes. Et nous y croyons», s’exclame l’étudiante militante.

La rédactrice en chef de «Spectrum», Kaziwa Raim, prend aussi position dans les colonnes du magazine: «Pour la suite, il conviendra aux étudiants de juger si les mesures entreprises par la direction universitaire sont suffisantes, ou si au contraire, ils n’y voient que de la langue de bois.»

Créé: 08.10.2019, 21h17

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