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La formation des infirmiers, une question de culture

Haute école spécialisée ou école supérieure? Le débat divise Romands et Alémaniques. En Valais mais aussi ailleurs.

Utilisation d'un mannequin pour la formation des infirmières.
Utilisation d'un mannequin pour la formation des infirmières.
FLORIAN CELLA

Le Valais lance une nouvelle formation pour les infirmiers. La première rentrée aura lieu en septembre à Viège et le projet, pour l’heure pilote, sera évalué en 2020. Le but est de soutenir de nouvelles vocations dans un secteur qui en manque. Une particularité: il s’agit d’une école supérieure (ES), alors que le canton dispose déjà d’une haute école spécialisée (HES) en soins infirmiers.

HES ou ES? La différence ne se limite pas à un «H». La filière HES aboutit à un bachelor et pour la suivre, il faut une maturité. Ce n’est pas le cas avec l’ES, qui est davantage professionnelle. En Suisse, ces termes cachent aussi un écart entre Romands et Alémaniques. Les premiers privilégient la filière HES et les seconds vivent avec les deux systèmes. Signe de cette différence culturelle, la formation ES valaisanne sera dispensée à Viège et en allemand. Et si l’on trouve une telle école dans le Jura bernois, le Valais est le premier canton romand à suivre.

Mercredi, le PS du Valais romand s’est inquiété de cette nouveauté qui va «à contre-courant de la politique choisie par le Canton jusqu’à présent». Selon lui, la filière HES est importante pour les compétences du personnel infirmier (et donc la santé des patients) et pour la revalorisation de la profession. «Le risque de jouer les deux formations l’une contre l’autre est bien réel», conclut-il.

Pour les autorités valaisannes, au contraire, ces filières sont complémentaires. «Elles ne ciblent pas les mêmes étudiants», relève Stefan Bumann, chef du Service des hautes écoles. Il ajoute que les infirmiers sont une denrée particulièrement rare dans le Haut-Valais. Or, quelque 60 jeunes quittent chaque année la région pour aller étudier dans une ES et souvent, ils ne reviennent pas après leur formation.

Depuis cinq ans et pour toute la Suisse, seuls 43% des infirmiers nécessaires ont été formés. Il aurait fallu délivrer 10'000 diplômes supplémentaires pour répondre aux besoins. N’est-ce pas une solution de miser sur tous les tableaux, avec des diplômés HES et ES? Certains soignants redoutent que ces différences ne compliquent l’organisation des soins, leur remboursement ou leur reconnaissance.

Marco Volpi, responsable de la section valaisanne de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), admet pour sa part que le Haut-Valais a des «besoins spécifiques». Mais il conclut: «Les infirmiers sont confrontés à des situations toujours plus complexes. C’est pour cela que les Romands misent sur une formation théorique plus poussée.»

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