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Les forces aériennes suisses n'étaient pas encore en service

Ce sont des appareils italiens et français qui ont escorté l'avion éthiopien détourné lundi à Genève Cointrin car les forces aériennes suisses ne sont opérationnelles que durant les heures de bureaux et pas avant 8h.

L'avion éthiopien, qui a été détourné lundi matin par son copilote, a été escorté par des appareils militaires italiens puis français jusqu'à son atterrissage à Genève. Les forces aériennes suisses ne sont pas intervenues. Elles ne sont opérationnelles que dans les heures de bureau.

Le Boeing 767-300 d'Ethiopian Airlines a été accompagné par deux Eurofighter de l'armée italienne dans l'espace aérien italien, a indiqué lundi le porte-parole des forces aériennes suisses, Laurent Savary. Deux Mirages 2000 de l'armée française ont ensuite pris le relais dans l'espace aérien français, jusqu'à Genève, où l'appareil détourné a atterri à 06h02.

Les forces aériennes suisses sont disponibles entre 08h00 et 12h00 et de 13h30 à 17h00, a précisé Laurent Savary, confirmant une information du site Internet de «20 Minuten». Toutefois, des radars surveillent l'espace aérien suisse 24 heures sur 24. Et la collaboration avec les pays voisins a bien fonctionné lundi matin, a salué le porte-parole.

Cette limitation des interventions de l'armée aux heures de bureau est surtout due à des questions financières: un service de piquet et l'engagement de pilotes seraient nécessaires pour assurer des opérations en tout temps. Lancé par le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, le projet Ilana devrait remédier à cette situation.

Le pirate voulait demander l'asile politique

Le pirate de l'air qui a détourné le vol d'Ethiopian Airlines Addis AbebaRome sur Genève lundi à l'aube était le copilote de l'avion. Cet Ethiopien de 30 ans s'est immédiatement rendu à la police genevoise. Il a expliqué vouloir déposer une demande d'asile politique en Suisse.

Le copilote avait prémédité son geste. Il a profité que le pilote parte aux toilettes pour s'enfermer dans le cockpit et prendre le contrôle de l'appareil, a indiqué Eric Grandjean, porte-parole de la police genevoise, lundi matin devant les médias à Genève Aéroport (GA). Il n'était pas armé, et la vie des 202 passagers et membres d'équipage n'a pas été mise en danger.

Le Boeing 757-300 a quitté la capitale éthiopienne peu après minuit et devait atterrir à Rome à 04h40. Selon les premiers éléments de l'enquête, le copilote a annoncé dans un premier temps vouloir faire le plein de kérosène à Genève, où l'aéroport n'ouvre qu'à 06h00. Puis, via le transpondeur, il a annoncé au contrôle aérien italien que l'avion était détourné.

Escorte militaire

Informé, Skyguide a immédiatement alerté les autorités aéroportuaires et la police genevoise. Le plan d'urgence a été activé. «L'avion était alors en train de survoler le sud de l'Italie. La demande du pirate de l'air, qui n'était pas encore identifié comme étant le copilote, a d'abord été refusée», a expliqué Xavier Wohlschlag, directeur des opérations à GA.

Mais le Boeing a poursuivi sa route, escorté par deux avions de chasse de l'armée italienne. Il se trouvait vers 05h00 au dessus du Mont-Blanc, puis il a tourné plusieurs fois sur la région. Pendant longtemps, il n'était pas clair si l'avion avait un problème technique ou s'il s'agissait véritablement d'un détournement. Et ce n'est que vers 05h30 que les autorités ont été sûres qu'il allait atterrir à Genève.

Seul pirate à bord

L'avion d'Ethiopian Airlines s'est finalement posé à 06h02 sur la piste principale de l'aéroport et s'est immobilisé à l'écart, a précisé M. Grandjean. Le copilote a ouvert la fenêtre du cockpit et est descendu de l'appareil au moyen de la corde d'urgence, «à la surprise de tout le monde», a commenté M. Wohlschlag. Aucune négociation n'a été nécessaire. A 06h10, l'homme a ainsi annoncé être «le seul pirate à bord»

Le copilote est entre les mains de la police judiciaire genevoise et doit être auditionné dans l'après-midi. Mais l'enquête sera prise en charge par le MPC. Le procureur Carlo Buletti est arrivé à Genève en fin de matinée. Quant à l'avion, il est sous séquestre jusqu'à la fin des investigations judiciaires.

ats

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