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Les femmes PS veulent plus d’égalité médiatique

Un site internet est lancé pour accroître la présence des politiciennes dans les médias. Leur part se situe à environ 25%.

Martine Docourt est la co-présidente des Femmes socialistes suisses
Martine Docourt est la co-présidente des Femmes socialistes suisses
Keystone

L’excès de testostérone à la télé, les femmes socialistes n’en peuvent plus. Ces dernières ont recensé tous les invités des principales émissions politiques de la SSR en 2018 et 2019. Le résultat est sans appel: la part de femmes varie entre 18 et 33%. Des chiffres qui ne surprennent pas. En 2016, sur mandat de la Commission fédérale pour les questions féminines, une étude de l’Université de Fribourg avait abouti à des résultats similaires. Réalisée avant les élections fédérales de 2015, l’analyse montrait que la présence médiatique des femmes (25%) était inférieure à leur place sur les listes électorales (35%) pour les chiffres de la Suisse romande. Et cette fois-là, il n’était pas uniquement question de télévision, mais aussi de radio, de la presse écrite ou de contributions sur internet.

Pour corriger le tir, les femmes socialistes lancent ce vendredi un site internet: www.votezfemmes.ch. «Ce site a été conçu comme un moteur de recherche, explique la Neuchâteloise Martine Docourt, leur coprésidente. Le journaliste entre le domaine sur lequel il travaille – environnement, économie ou fiscalité – et la base de données lui donne le nom des femmes spécialisées dans ce thème.» Enfin, de certaines femmes, puisque le site ne recense que des socialistes. «La balle est dans le camp des autres partis s’ils veulent faire de même», lâche Martine Docourt.

Un problème «culturel»

Ce n’est pas la première initiative visant à augmenter la présence médiatique des femmes. À Genève, quatre femmes d’horizons politiques différents avaient l’an dernier – à la veille du 8 mars – remis aux médias une liste de «femmes expertes», regroupant une centaine de noms. Un document qui était appelé à être alimenté et diffusé. «Cette liste existe toujours. Nous aimerions en faire un site internet, mais pour le moment nous n’avons pas trouvé d’institution prête à prendre le relais et à investir dans ce projet», regrette Helena de Freitas, l’une des initiatrices du projet. Cette liste a-t-elle permis de renforcer la présence des femmes? «Les retours ont été positifs dans les rédactions, mais je n’ai pas l’impression que les choses ont changé», répond sa collègue Paule Mangeat.

Parmi les émissions pointées du doigt par les femmes socialistes figure – côté romand – «Infrarouge», avec une part de femmes de 28% en 2018 et 27% cette année. Des chiffres qu’Alexis Favre, producteur et présentateur, analyse différemment. «Si on prend les résultats par saison médiatique, soit d’août à la fin de juin, alors le taux de femmes est de 31,6% jusqu’ici pour cette saison.» Soit davantage que les trois dernières saisons (26,6% en 2017-2018, 27,5% en 2016-2017 et 21,4% en 2015-2016). «Toutes les initiatives qui visent à augmenter leur participation sont les bienvenues, poursuit le Genevois. Mais cela ne réglera pas le problème culturel qui fait qu’une femme très compétente hésite souvent à venir alors qu’un homme peut-être moins compétent fonce.»

Alexis Favre rappelle aussi deux éléments essentiels à ses yeux dans ce débat. «Toute suggestion est prise en compte, mais ça fait aussi partie du métier de journaliste de choisir la personne que nous estimons la plus compétente, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Ensuite, ce n’est pas tant sur les plateaux télé que les femmes sont sous-représentées, mais surtout en politique ou dans les postes à responsabilités. Et je le regrette. Notre rôle est toutefois aussi de refléter la réalité du monde. Or la parité n’est malheureusement pas acquise.»

La Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF) prend le contre-pied de ce dernier argument. Dans son rapport de 2016, elle invite «instamment» les médias à donner plus de place aux femmes politiques. «Il n’y aurait même rien d’extraordinaire à ce que les femmes bénéficient d’une surreprésentation temporaire, comme celle dont les hommes politiques jouissent depuis des décennies», ajoute Valérie Borioli Sandoz, membre de la CFQF, et responsable de la politique de l’égalité au syndicat Travail.Suisse.

«Freiner les hommes»

Concernant le fait que les femmes sont plus hésitantes à participer, Valérie Borioli Sandoz rétorque: «Faut-il que les femmes osent un peu plus ou que les hommes fassent preuve de plus de retenue? Les deux sans doute.» Pour elle, il n’y a pas que les médias qui ont un rôle, mais aussi les différents partis politiques. «Ils doivent encourager les femmes à se lancer, mais aussi parfois freiner l’élan de certains hommes.»

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