La droite en péril dans le canton de Genève

Enjeux, favoris, sortants, surprises et anecdotes, tout savoir pour le canton de Genève

(Image d'illustration)

(Image d'illustration) Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Enjeux
Pas moins de 176 candidats, répartis sur 28 listes, s’affrontent pour décrocher l’un des douze sièges – soit un de plus qu’en 2015, densification de la population oblige – dévolus à Genève pour la Chambre du peuple. Les jeux sont loin d’être déjà faits au vu des nombreux élus actuels qui ne se représentent pas: Guillaume Barazzone, embarrassé par ses notes de frais exorbitantes, Benoît Genecand, malade, Manuel Tornare, qui préfère céder la place à la relève. Les conseillers nationaux Hugues Hiltpold et Carlo Sommaruga ne se présentent qu’aux États. La Chambre haute aiguise également les appétits: 15 candidats, inscrits sur 11 listes, se pressent au portillon pour remplacer les deux sénateurs sortants, Liliane Maury Pasquier (PS) et Robert Cramer (Verts).

Favoris
Lisa Mazzone: Figure des écologistes romands, la trentenaire a de grandes chances d’accéder aux États. Elle profitera probablement de la «vague verte», et pourrait bien, en outre, récolter des électeurs du centre droit rendus frileux par les affaires PLR et PDC. Bien que très marquée à gauche sous la Coupole, elle se montre moins cassante que certains membres des Verts et du PS envers les milieux économiques.

Christian Lüscher: Meilleur élu du canton en 2015, l’avocat genevois reste la locomotive du PLR et devrait être réélu confortablement. À se demander pourquoi son parti n’a pas placé cette figure forte sur son ticket pour les États, à la place du plus discret Hugues Hiltpold. Simplement parce qu’il a déjà tenté il y a quatre ans, et que le parti ne représente pas une seconde fois un candidat malheureux.

Sortants en danger
Entre les affaires Maudet, Barazzone ou Dal Busco, l’image de la droite à Genève est sérieusement égratignée. Les dissensions au sein même des équipes dirigeantes du PLR et du PDC n’encouragent guère la solidarité envers le propre parti. Se dirige-t-on vers une abstention massive du côté des électeurs de droite? Difficile à dire. Le PLR, premier parti de Genève, ne perdra pas forcément de sièges, mais verra peut-être plutôt sa progression, commencée en 2015, freinée.

La course aux États s’avère également bien compliquée pour la droite, elle qui rêve pourtant de récupérer un siège après douze ans de règne rose-vert. Mais ses candidats, la PDC Béatrice Hirsch et le PLR Hugues Hiltpold, font un peu pâle figure face au ticket de gauche Mazzone-Sommaruga, deux poids lourds sous la Coupole. Béatrice Hirsch ne possède aucune expérience à Berne, tandis qu’Hugues Hiltpold, resté milicien, est un politicien au style plutôt discret. Il s’est en outre positionné dans le camp des anti-Maudet, ce que les inconditionnels soutiens du conseiller d’État risquent de lui faire payer. Sans compter que la droite dure, représentée par l’UDC Céline Amaudruz et le MCG François Baertschi, lui grappillera encore des voix. Hugues Hiltpold, qui n’est pas candidat au National, risque bien de faire sa sortie de scène.

Surprises
Journaliste, élu au Grand Conseil, russophile, homme de droite… et désormais indépendant: Guy Mettan ne veut plus faire partie d’aucun sérail politique. Le député au Grand Conseil, fâché d’avoir été écarté de la liste PDC pour les fédérales, a quitté son parti ce printemps avec fracas. Il a créé sa propre liste, «Planète bleue», du nom d’un mouvement qui revendique une économie mieux maîtrisée en faveur de la défense de l’environnement. Soit un programme qui ressemble furieusement à celui des Vert’libéraux. Guy Mettan, goûtant cette indépendance retrouvée, affirme avoir refusé les appels du pied du parti.

Anecdotes
À Genève, on ne se refait pas. La désignation des candidats a été le théâtre de nombreux psychodrames au sein des partis. À commencer par le PLR, où l’ancien président de parti Alexandre de Senarclens, évincé par le camp Maudet auquel il s’opposait, avait fini 7e sur 6 lors de la désignation du ticket pour Berne. Alexandre de Senarclens est finalement sur la liste suite au retrait de Benoît Genecand. Au PDC, la présidence ne voulait pas partir avec le PLR, voulant ainsi défaire l’«Entente» historique formée avec le parti. La résistance de la base du parti a eu raison du divorce, mais les frictions se sont fait sentir.

Enfin, après avoir échoué auprès du PDC valaisan, le fondateur du MCG Éric Stauffer est parvenu à s’incruster sur la liste du PBD genevois. Non sans provoquer une crise au passage, le parti national y étant opposé, mais pas la section genevoise. Résultat: Stauffer est de retour, Vidonne, en désaccord avec le parti-mère, a présenté sa démission.

Créé: 20.09.2019, 15h32

Articles en relation

La campagne controversée du PDC fait un bad buzz

Elections fédérales Les démocrates-chrétiens suscitent la controverse avec une campagne qui critique les autres partis. La formation persiste et signe. Plus...

Plus de 4650 candidats en lice pour le National

Élections fédérales À l'occasion des élections fédérales en octobre, tous les cantons annoncent plus de candidats, à l'exception de Genève. Plus...

Elections fédérales: Eric Stauffer sera candidat à Genève

Politique L'ancien patron du MCG adhère au PBD Suisse. Il se lance sur une liste «Parti citoyen démocrate Genève d'abord»; le MCG est en ligne de mire. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...