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AsileUne famille syrienne risque d'être séparée à nouveau

Malgré les engagements de la Suisse envers les requérants d'asile syriens, les aînés d'une famille kurde de Syrie ont reçu un nouvel avis d'expulsion.

Le centre d'enregistrement et de procédure (CEP) à Vallorbe.
Le centre d'enregistrement et de procédure (CEP) à Vallorbe.
Keystone

Réunie en Suisse après deux ans de séparation, une famille kurde de Syrie risque d'être à nouveau éclatée. Les trois aînés, qui sont revenus à Genève après leur renvoi en Croatie, ont reçu un nouvel avis d'expulsion de Berne. Ils veulent que leur situation soit réexaminée.

La soeur cadette de 12 ans est arrivée seule jeudi à Genève. Les parents, eux, ont rejoint la Suisse mardi et doivent s'enregistrer au centre de Vallorbe (VD), a indiqué mercredi devant les médias Martine Félix, au nom de l'association de défense des migrants Solidarité Tattes. Entre ces arrivées, les trois aînés ont reçu une nouvelle décision de non entrée en matière de leur demande d'asile.

Pour mémoire, les trois jeunes - un garçon et deux filles - sont arrivés avec leur frère en octobre 2015 à Genève, où résident des oncles et tantes. Fin mars 2016, leur demande d'asile a été refusée par le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) en vertu des accords de Dublin, car la fratrie est passée par la Croatie. Seule celle du frère, mineur à leur arrivée, a été acceptée.

Unité retrouvée

Renvoyés en Croatie en septembre, les aînés sont revenus et ont déposé une autre demande d'asile. Ils vont recourir d'ici à vendredi auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF) contre la nouvelle décision de non entrée en matière du SEM. «L'unité retrouvée de la famille est un élément important», a expliqué Philippe Currat. L'avocat conteste aussi la capacité de la Croatie à accueillir des migrants.

Me Currat demandera la restitution de l'effet suspensif, faute de quoi la décision de renvoi pourra être exécutée dès lundi par le canton. En cas de refus du TAF, il saisira la Cour européenne des droits de l'homme afin d'empêcher le renvoi. Un examen en urgence devrait permettre d'obtenir une réponse rapide, selon lui.

Vague de soutien

De son côté, Solidarité Tattes a envoyé mercredi un courrier au Conseil d'Etat lui demandant d'intervenir en urgence auprès du SEM et de sa conseillère fédérale de tutelle Simonetta Sommaruga afin d'éviter cette expulsion. «Nous attendons qu'il fasse preuve d'humanité et de courage pour que cette famille retrouve un minimum de dignité», a déclaré Martine Félix.

Le cas de cette fratrie, parrainée par la conseillère nationale Lisa Mazzone (Verts/GE), a suscité une vague de soutien à Genève. Début mars, le Grand Conseil a adopté une résolution demandant que des requérants d'asile ne soient pas renvoyés lorsque la situation familiale l'exige. Mentionnant explicitement ce cas, elle a été acceptée par la gauche, le PDC et le PLR.

En outre, une pétition signée par 2200 personnes demandant que la fratrie syrienne reste avec sa famille sera remise prochainement. Martine Félix a aussi rappelé que la Suisse s'est engagée à recevoir 1500 Syriens en une année. «Ce contingent n'est pas atteint. Ces personnes sont déjà là et demandent notre protection», a-t-elle relevé.

ats

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