«Il y a toute une mosaïque à questionner»

VaudLa conseillère d'Etat Cesla Amarelle souligne que l'enquête visant à tirer les leçons de l'affaire du père abuseur portera sur plusieurs organismes.

La conseillère d'Etat Cesla Amarelle

La conseillère d'Etat Cesla Amarelle Image: Keystone

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Dix-huit ans de suivi, sans que les viols et les mauvais traitements ne soient détectés. Le SPJ, la Justice de paix et de nombreux intervenants n’ont pas vu le pire, comme l’a montré «24 heures» le 23 mars. Le Conseil d’État a décidé de mandater le Valaisan Claude Rouiller, ancien président du Tribunal fédéral, pour enquêter et tirer les leçons. Il rendra son rapport en septembre.

Le SPJ n’est pas le seul visé, explique Cesla Amarelle, cheffe du Département de la formation et de la jeunesse: «Le SPJ ne peut rien faire seul. Il a besoin d’autres intervenants. Il peut proposer des mesures et signaler des situations mais les décisions finales ne lui appartiennent pas. Nous nous interrogeons sur le fait que l’ensemble du système n’a pas détecté les crimes dont les enfants ont été victimes».

L’essentiel n’a-t-il pas été raté? «Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de manquement au SPJ. Mais, à un moment clé, en 2007, le SPJ avait donné l’alerte. Il a dû accepter qu’une expertise des pédopsychiatres préconisant que les enfants restent dans leur famille soit suivie par la Justice de paix. En juin 2015, le SPJ a aussi fait un signalement et c’est dans la foulée que la fille aînée a porté plainte. Ce qui a conduit à l’arrestation du père et au procès. On voit là que c’est tout une mosaïque qu’il faut maintenant questionner».

«Le pouvoir politique ne peut pas s’immiscer dans les décisions de la justice»

Claude Rouiller pourra-t-il enquêter auprès de la justice? «Le pouvoir politique ne peut pas s’immiscer dans les décisions de la justice. Claude Rouiller devra examiner tous les maillons de la chaîne, dans le respect de la séparation des pouvoirs. Il lui appartiendra donc de questionner le Tribunal cantonal, seul compétent pour décider si l’expert peut accéder à la Justice de paix».

Cesla Amarelle attend un résultant probant: «Nous misons sur une enquête ambitieuse. Nous sommes prêts à modifier le cadre légal et réglementaire si le rapport montre que c’est nécessaire». Quel est le sentiment d’ensemble de la conseillère d’État? «Je reste très prudente vu la complexité de la situation. Mais j’ai notamment été interpellée par le fait que les parents sont des mormons. L’emprise du père sur la famille, sous l’égide d’une mouvance religieuse radicale, et l’impuissance étatique face à cette situation doivent nous faire réfléchir».

Elle se montre aussi prudente à l’égard de Jacqueline de Quattro, qui a annoncé l’enquête prématurément: «Jacqueline de Quattro n’a jamais parlé d’une enquête dirigée uniquement contre le SPJ. Elle est pleinement solidaire du dispositif décidé par le Conseil d’État et je m’en réjouis». (TDG)

Créé: 30.03.2018, 10h45

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