Les jeunes kidnappeurs prennent du sursis

Boudry (NE)Le verdict est tombé, les quatre jeunes hommes accusés d'enlèvement et de séquestration ont été condamnés à des peines de prison avec sursis.

Image: DR/photo d'illustration

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Le verdict est tombé dans le procès qui s'est tenu depuis mardi à Boudry (NE) devant le Tribunal criminel Littoral et du Val-de-Travers. Les quatre jeunes kidnappeurs ont été condamnés jeudi à des peines de prison, avec un sursis de deux ans.

Les deux principaux protagonistes de l'enlèvement se sont vus infliger une peine de deux ans de privation de liberté, avec un sursis de deux ans. Les deux autres accusés ont été condamnés respectivement à une peine de 20 mois et de 18 mois de prison avec sursis.

Le Tribunal a jugé que tous les prévenus étaient des coauteurs. Outre les frais d'honoraires et de justice, les quatre accusés devront verser à titre de dédommagement 3500 francs au fils et 1500 francs au père. Le jugement peut faire l'objet d'un appel.

Le tribunal n'a pas retenu dans son jugement la séquestration aggravée car l'otage a été libéré avant le paiement de la rançon. Pour la Cour, les accusés, qui ont organisé un simulacre d'exécution de l'otage, ont commis des «faits à la limite de la cruauté».

Des amateurs «obstinés»

Cet élément, tout comme la prise d'otage, n'ont toutefois pas été visés par l'accusation, ce qui laisse le Tribunal «perplexe» face aux décisions du Ministère public, a déclaré la présidente Nathalie Kocherhans. «Si les accusés sont des amateurs, ils sont obstinés, repèrent les lieux, s'organisent et auraient sûrement continué si la police ne les avait pas arrêtés», précise la présidente.

La Cour a hésité à aller au-delà du réquisitoire du Ministère public mais elle a tenu compte de la situation personnelle des prévenus, de leur immaturité au moment des faits - ils avaient alors entre 20 et 26 ans - et qu'ils n'étaient pas installés dans la délinquance.

Le Tribunal a toutefois rejeté fermement une participation supposée de la victime à son propre rapt, comme cela avait été évoqué par des avocats de la défense.

L'argent comme mobile

Les quatre jeunes hommes étaient accusés d'enlèvement et de séquestration aggravée pour avoir enlevé un camarade et demandé une rançon de 3,2 millions de francs à son père. Si la Cour a retenu la jalousie et l'envie comme mobiles possibles, le mobile principal est égoïste et c'est l'argent. «Ils déploient une grande énergie pour l'obtenir».

En effet, dès l'été 2015, deux de ces quatre jeunes de bonne famille décident de mettre au point un plan visant à soutirer illégalement une importante somme d'argent à une personne fortunée du littoral neuchâtelois. Ils s'adjoignent rapidement les services d'un troisième larron.

Les deux premières tentatives d'extorsion et de chantage par brigandage, la première au domicile de la personne fortunée et la seconde par téléphone, échouent. Les trois individus recrutent une quatrième personne en vue d'une opération de plus grande ampleur.

Entre le mois d'octobre et de novembre 2015, ils planifient l'enlèvement du fils de la victime. Ils font des repérages, achètent des armes soft air, des cagoules et des gants. Ils se procurent aussi de fausses plaques d'immatriculation.

Enlèvement par la force

Le 12 novembre, le quatuor enlève par la force le fils de la personne à extorquer et lui met un sac-poubelle sur la tête. Dans la forêt de Bevaix (NE), sous la menace d'une arme factice, les prévenus lui ordonnent de se mettre à genoux sur le chemin, de téléphoner à son père et de lui lire un texte où une rançon de 3,2 millions de francs est exigée.

Les ravisseurs cagoulés libèrent ensuite le jeune homme en lui remettant un sac noir, un texte concernant le montant, la date et l'itinéraire pour la remise de la rançon aux Arènes d'Avenches (VD) une semaine plus tard.

Ils précisent que s'il y a le moindre problème, «ils tueront tout le monde». Au lieu d'attendre le versement de la rançon aux Arènes d'Avenches, les ravisseurs planifient l'interception du véhicule du père de l'otage sur le pont de la Sauge, qui devait être emprunté pour se rendre à Avenches, pour éviter de se faire pincer par la police. L'opération échoue à nouveau.

Deux accusés seront interpellés par la police à proximité du Pont de Thielle (BE) et deux autres à St- Aubin/Sauges (NE) après avoir quitté les abords du domicile de la victime. (ats/nxp)

Créé: 14.06.2018, 12h59

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