Dix ans de prison à celle qui a tué par 103 coups de couteau

JusticeLe Tribunal criminel de la Côte a rendu son verdict dans le procès de la meurtrière de son compagnon à Nyon

Le Tribunal criminel de la Côte a condamné à dix ans de prison la meurtrière qui a infligé 103 coups de couteau àson  compagnon à Nyon en 2015

Le Tribunal criminel de la Côte a condamné à dix ans de prison la meurtrière qui a infligé 103 coups de couteau àson compagnon à Nyon en 2015 Image: Philippe Maeder

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«Il faut du temps pour asséner 103 coups de couteau». Le Tribunal criminel de La Côte ne pouvait manquer de relever, dans son jugement, cette terrible particularité du meurtre commis par Marta* sur son compagnon dans leur appartement de Nyon en mai 2015. On mesure l’horreur de la scène rien qu’à tenter de compter mentalement jusqu’à 103…

Le Ministère public, par la voix de la procureure Marjorie Moret, considérait que ce crime relevait de l’assassinat, qu’il méritait 20 ans de prison. La cour a jugé que les conditions pour retenir cette qualification ultime ne sont pas réunies. Cela en dépit de l’énergie déployée par cette femme pour parvenir à ses fins. «On ne peut pas s’arrêter simplement au nombre de coups donnés. Elle n’a pas fait preuve de la froideur qui caractérise l’assassin, elle perdait plus par son décès que vivre ensemble», relève-t-elle en substance.

Les juges ont estimé que 10 ans de prison pour meurtre étaient nécessaires et suffisants, la peine étant assortie d’un traitement psychothérapeutique. Cette sanction tient compte d’une légère diminution de responsabilité pénale de l’accusée préconisée par les psys en raison d’un «débordement émotionnel résultant de son trouble de personnalité» qui aurait altéré sa capacité à se déterminer.

«Il est impossible de reconstituer en détail le déroulement des faits», note le jugement. Il demeure que les nombreux éléments recueillis en cours d’enquête, ainsi que les observations de la médecine légale, permettent de s’en faire une idée approchante. Le tribunal retient que la situation de ce couple de quadragénaires, formé d’une ressortissante belge diplômée en droit international et d’un fils de famille aisée qui fit carrière dans le commerce de l’art, était d’une grande complexité, «chacun étant dans le besoin de l’autre».

Rappelons que les deux s’étaient rencontrés lors d’un séjour dans le même hôpital psychiatrique. Elle, en raison de son addiction à l’alcool, lui à cause de son trouble bipolaire. Ils s’étaient mis en ménage en 2005. Les disputes, à tout le moins verbales, étaient fréquentes.

«Il n'est pas exclu que l’homme se soit énervé, qu’il se soit montré agressif et qu’il y ait eu un début d’agression de sa part», consentent les juges. Cela revient à dire que, dans une certaine mesure, la responsabilité de ce drame serait partagée. La cour a en effet admis, au bénéfice du doute, que la victime aurait pu saisir le couteau dans un tiroir de la cuisine, puis que Marta le lui a pris des mains. En revanche, elle ne croit pas la femme quand elle soutient qu’il a tenté de la poignarder en tenant l’arme le bras haut levé. Cet homme, gaucher, avait l’épaule gauche «gelée», affaiblie à la suite d’une récente opération. Un tel mouvement lui était impossible. La prévenue a raconté par ailleurs que son ami lui a donné des dizaines de coups. «Si cela avait été le cas, les lésions qu’elle portait auraient été bien plus importantes.»

Tout cela n’excuse en rien la sauvagerie dont a fait preuve la meurtrière. Les coups de couteau ont en effet été donnés en trois phases. D’abord dans la cuisine, puis dans le couloir et, lorsque la victime s’est effondrée, elle a continué à le poignarder. C’est elle qui avait alerté la police. Son ami était décédé à l’arrivée des secours.

La défense avait plaidé le meurtre passionnel, soit l’homicide volontaire commis sous le coup d’une émotion violente dans des circonstances qui le rendraient excusable. Le Tribunal n’est pas allé jusque-là, quand bien même les 10 ans infligés correspondent à la peine maximale dont peut écoper l’auteur d’un meurtre passionnel. * Prénom fictif

Créé: 15.06.2018, 21h21

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