L’activité criminelle est une vraie industrie

CrimeLe point avec Nicolas Giannakopoulos, qui a fondé l’Observatoire du crime organisé, à Genève.

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Que connaît-on des mafias de l’Est?

On sait que différentes bandes géorgiennes, moldaves, roumaines, ukrainiennes ou russes sont actives, mais pas dans les mêmes créneaux et pas de la même manière. De plus, ils ont leurs relais dans notre pays. Et il ne faut pas oublier les albanophones qui sont actifs partout en Suisse et servent de plus en plus leurs propres intérêts en travaillant avec d’autres «bandes».?En ce qui concerne leur nombre, c’est très difficile à dire puisqu’ils bougent beaucoup. Certains viennent, repartent, reviennent, etc. Donc le nombre est toujours mouvant et il y a des «pics», en hiver ou en été. D’autre part, la crise économique pousse énormément de petits délinquants à?venir en Suisse, et principalement en Suisse romande puisque le passage avec la frontière française est facile.

Comment évolue cette criminalité quotidienne?

Ce qu’on voit actuellement, c’est une augmentation dramatique de la «petite délinquance» qui est, contrairement aux dernières années, plus agressive, plus violente, et beaucoup plus lourdement armée. Ces petites bandes qui agissent de manière assez autonome sont rattachées à des réseaux plus gros qui s’occupent de logistique (armes, renseignement, contacts, munitions, recels, blanchiment, drogues, voitures).

On dirait une sorte d’économie parallèle…

Nous sommes en face d’une industrialisation de l’activité criminelle avec une explosion des petits acteurs et une concentration de ceux qui maîtrisent un savoir-faire. On a vu apparaître une logistique ainsi qu’une spécialisation et une sectorialisation des activités. Si vous avez besoin de véhicules pour un braquage, c’est une autre bande qui va fournir les véhicules. Tous ces acteurs se connaissent et connaissent leurs «débouchés». La sécurité des uns et des autres est garantie par des organisations plus grandes et mieux structurées, généralement à l’étranger.

Si vous deviez établir un palmarès de ces réseaux, quel serait-il?

Les Géorgiens sont un cas d’école, mais il faut remonter les filières françaises aussi. Derrière, on retombe très souvent sur des clans italiens, albano-kosovars, russes ou caucasiens. En termes de «palmarès», en tout cas en Suisse romande, je crois pouvoir affirmer sans trop me tromper que les bandes françaises tiennent actuellement le haut du classement. (TDG)

Créé: 20.02.2012, 07h18

Nicolas Giannakopoulos, fondateur de l’Observatoire
du crime organisé. (Image: DR)

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