L’ex d’une victime de cyberharcèlement échappe à une peine plus sévère

ProcèsLa justice zurichoise s’est penchée sur le cas de Céline Pfister, qui s’est suicidée il y a deux ans.

Candid et Nadya Pfister tiennent une photo de leur fille, Céline.

Candid et Nadya Pfister tiennent une photo de leur fille, Céline. Image: René Ruis/LMD

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En août 2017, Céline Pfister s’ôtait la vie chez elle, à Spreitenbach (AG). Elle n’avait pas encore 14ans. L’adolescente était victime de cyberharcèlement.

Mercredi, le Tribunal des mineurs de Dietikon (ZH) a condamné l’ancien copain de Céline Pfister, un Zurichois de 17 ans, pour contrainte. Le jeune homme, âgé de 14 ans au moment des faits, avait pressé l’Argovienne de lui envoyer des photos d’elle dénudée. Il l’avait menacée de relayer des images suggestives déjà en sa possession si elle ne s’exécutait pas.

Le jeune homme écope d’une prestation personnelle de 7 jours. Une peine qui n’est pas plus sévère que celle infligée par le Ministère public des mineurs en 2019. Les parents de la victime, Nadya et Candid Pfister, ont fait opposition à cette décision. Ils fustigeaient une sanction trop clémente à leurs yeux et demandaient que soit retenue la contrainte sexuelle plutôt que la simple contrainte. La Cour ne les a pas suivis.

Fait rare pour un procès impliquant des mineurs, l’audience était en partie ouverte aux médias. Le Tribunal des mineurs a fait une exception, estimant que la question du mobbing en ligne était d’intérêt public. Seule l’audition du prévenu n’était pas publique.

Céline Pfister s’est suicidée une semaine après qu’une image suggestive d’elle s’est retrouvée sur le réseau social Snapchat, où près de 500 personnes ont vu le cliché. Son ex-copain avait transféré la photo à une ancienne copine jalouse, qui s’était empressée de la diffuser. Cette dernière avait également bombardé Céline Pfister de menaces et d’insultes sur les réseaux sociaux. La justice zurichoise des mineurs l’a reconnue coupable par ordonnance pénale de tentative de menace et d’injures et l’a condamnée à une prestation personnelle.

La justice n’a pas conclu à un lien de causalité entre les actes des deux adolescents et le suicide, au grand désespoir des parents de la victime. Les Pfister plaident pour la création d’une norme pénale sur le cyberharcèlement.

Créé: 27.02.2020, 07h16

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