L’étrangleur d’Yverdon renonce à faire appel «pour son enfant»

JusticeEn janvier 2017, un homme tuait sa compagne et abandonnait leur bébé. Il contestait sa condamnation à 25 ans de prison.

Le tueur lors de son procès en mars 2019, à Besançon.

Le tueur lors de son procès en mars 2019, à Besançon. Image: B.P.

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L’affaire avait suscité beaucoup d’émotion à Yverdon. Un dimanche soir de janvier 2017, Aurélien*, un Français alors âgé de 35 ans, étranglait mortellement sa compagne, une Vaudoise âgée de 30 ans, dans l’appartement du couple, à l’avenue Haldimand. Avant d’abandonner leur bébé de 7 mois sur les lieux du drame dans sa fuite vers son pays natal.

Condamné à une peine de prison de 25 ans lors de son procès devant la Cour d’assises du Doubs — la France n’extradant pas ses ressortissants — alors que la substitut du procureur de la République avait requis le maximum légal de 30 ans de réclusion, le trentenaire annonçait par la voix de son défenseur son intention de faire recours. Ce dernier a finalement retiré son appel il y a «environ trois semaines», a appris «24heures».

Nourrisson affamé

Pour mémoire, l’homme avait été interpellé deux jours après les faits dans sa chambre d’hôtel de Nîmes. Il ressortait de l’ordonnance de mise en accusation que c’est la propre mère de la victime, inquiète pour sa fille qui restait injoignable, qui avait découvert le corps, à moitié dénudé sur le canapé d’angle du salon. L’heure du décès ayant été estimée aux alentours de 21h30 la veille, le nourrisson – retrouvé endormi dans sa chambre, affamé et la couche pleine – aura été livré à lui-même durant une quinzaine d’heures.

C’est ce bébé qui motiverait le revirement du meurtrier, dont le deuxième procès devait se tenir à la fin mars. «Il souhaite nouer des liens avec son enfant et ne veut donc pas infliger une procédure d’appel à sa belle-famille», confirme au téléphone le ténor du barreau Patrick Uzan. Ce dernier défendait un homme qui n’avait pas supporté que sa compagne veuille le quitter. L’avocat avait pourtant confié, après le verdict, que «25 ans de réclusion, c’est une peine que l’on réserve à un crime commis dans des circonstances odieuses, où l’auteur dénie toute espèce d’humanité à la victime. Ce n’est pas le cas ici.»

«Un projet commun»

À l’époque, entre Aurélien, qui travaillait comme chauffeur-livreur en Suisse romande, et son amie, tout était allé très vite. Le couple s’était rencontré en région lausannoise début 2015, par l’intermédiaire d’une amie commune. À l’été de cette même année, le trentenaire emménageait dans l’appartement de sa future victime. En septembre, cette dernière tombait enceinte. «Un projet commun», affirment les conclusions de l’enquête pénale. La relation du couple se serait cependant fortement dégradée durant la grossesse de la polydesigner, qui exerçait son métier dans la succursale neuchâteloise d’une grande chaîne de prêt-à-porter.

En novembre 2016, soit cinq mois après la naissance de leur enfant, l’Yverdonnoise aurait souhaité faire une pause. Six semaines avant le drame, le Français est retourné vivre quelques jours dans le studio qu’il avait acheté un an plus tôt dans un village du Doubs, à moins de 10 kilomètres de la douane de Vallorbe. Le couple tentera ensuite de reprendre une vie commune mais ne tiendra qu’un mois: à la mi-janvier, la jeune femme mettait un terme à la relation. Le père de son bébé ayant payé la moitié du loyer de l’appartement pour le mois de janvier 2017, la victime avait consenti à ce qu’Aurélien puisse y rester encore deux semaines.

Ce n’est qu’une fois en prison que le tueur, diagnostiqué comme un manipulateur narcissique lors d’une expertise, a entrepris les démarches pour reconnaître sa propre paternité.

*Nom connu de la rédaction.

Créé: 28.01.2020, 18h32

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