Passer au contenu principal

Suisse-UE«Entrer dans l'UE aurait été la meilleure chose à faire»

L'ancien diplomate Luzius Wasescha ne mâche pas ses mots à l'égard de la politique européenne de la Suisse. Selon lui, la Confédération a fait croire à l'UE qu'elle avait l'intention d'y adhérer, alors qu'il n'en est rien en réalité.

Luzius Wasescha, ancien ambassadeur auprès de l'OMC et de l'AELE à Genève.
Luzius Wasescha, ancien ambassadeur auprès de l'OMC et de l'AELE à Genève.
Keystone

L'ancien diplomate Luzius Wasescha émet des critiques sévères à l'égard de la politique européenne de la Suisse. Selon lui, la Confédération a fait croire à l'UE qu'elle avait l'intention d'y adhérer, alors qu'il n'en est rien en réalité.

«Nous avons dit que nous voulions l'adhésion, et nous avons fait tout autre chose à la place», a affirmé Luzius Wasescha dans un entretien publié jeudi par les quotidiens «Tages-Anzeiger» et «Der Bund». Il se dit persuadé que l'entrée dans l'Union européenne aurait été «la meilleure chose à faire dès le départ».

Selon l'ancien ambassadeur auprès de l'OMC et de l'AELE à Genève, la Suisse est trop centrée sur la voie bilatérale - et «en particulier sur les rapports financiers». Pourtant, les accords bilatéraux sont insuffisants au regard de l'inégalité des rapports de force.

«La Suisse s'imagine être aussi puissante que les Etats-Unis et la Chine réunis» et se comporte toujours comme si elle était la seule démocratie au monde, selon lui.

Critique du Conseil fédéral

Première cible des critiques de Luzius Wasescha, un Conseil fédéral qui ne sait pas ce qu'il se veut et «se réfère toujours au climat politique national qui n'est pas mûr» pour l'accord. Alors qu'il devrait avoir le courage d'élaborer une stratégie pour améliorer ce climat, le gouvernement n'a rien fait en ce sens.

Selon le diplomate, désormais retraité, le gouvernement a besoin d'un mandat large, comme par exemple d'une commission préliminaire, pour pouvoir négocier efficacement avec l'Union européenne. «Certains en seraient très mécontents, mais on ne règle pas les rapports de la Suisse avec l'Union européenne au coin d'une table de bistrot».

Pas de crainte

L'ancien diplomate ne comprend pas les craintes suisses à l'idée d'un accord avec l'Union européenne. «Le droit européen accorde une grande liberté aux pays en ce qui concerne l'élaboration de ses directives» et par ailleurs, les recherches ont montré que l'autodétermination de la Suisse «ne serait restreinte que dans 30% des cas», affirme-t-il.

Une attitude passive en matière de politique européenne n'est donc «absolument pas une option». Les exportations suisses étant destinées à l'UE dans 60% des cas, la Suisse dépend fortement de sa collaboration avec l'Europe.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.