Les entreprises suisses gagnent en moyenne 3170fr. par an par apprenti

FormationUne étude montre que la plupart des employeurs gagnent de l'argent en formant des apprentis. De fortes disparités régionales existent toutefois.

L'apprentissage permet aussi aux entreprises de gagner de l'argent (image d'illustration).

L'apprentissage permet aussi aux entreprises de gagner de l'argent (image d'illustration). Image: Keystone

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La plupart des entreprises suisses dégagent un bénéfice en formant des apprentis. Le gain est en moyenne de 3170 francs par contrat d'apprentissage et par an, après déduction des coûts. Deux tiers des employeurs restent gagnants à la fin de la période de formation.

Ces chiffres, issus de la quatrième étude sur les coûts et les bénéfices de la formation professionnelle initiale, se fondent sur l'année de formation 2016/2017 et englobent toutes les professions. Publiée mardi, l'enquête en ligne a été menée par l'Observatoire suisse de la formation professionnelle sur mandat du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI).

Nouveau seuil dépassé

Pour un contrat d'apprentissage, le bénéfice net des formations menant à une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) de deux ans et des formations sanctionnées par un certificat fédéral de capacité (CFC) de trois ans a dépassé en moyenne 10'000 francs. Pour les apprentissages AFP, c'est la première fois que ce seuil a été franchi depuis la première étude basée sur l'année 2008/2009.

Quant aux formations CFC de quatre ans, elles ont donné lieu à un bénéfice net moyen supérieur à 8000 francs, notent les auteurs de l'étude triennale dans leur rapport. Ces résultats, semblables à ceux des précédentes années, concordent aussi avec les évaluations des entreprises elles-mêmes, dont 78% se disent «plutôt satisfaites» ou «très satisfaites» du rapport coût-bénéfice de leurs formations.

Un bénéfice net moyen par an et par contrat ne signifie toutefois pas que toutes les entreprises tirent profit de la formation des apprentis jusqu'à la fin de la période de formation, relève l'étude. Si une majorité des contrats d'apprentissage (63%) génèrent un gain plus ou moins grand pour l'employeur, les coûts l'emportent sur la durée pour un peu plus d'un tiers (37%) des contrats.

Disparités régionales

Le bénéfice net moyen varie aussi énormément selon les régions. Par exemple, une année d'apprentissage dans une entreprise autour du bassin lémanique, sur le Plateau ou à l'est de la Suisse dégage un bénéfice net sensiblement supérieur qu'au Tessin ou à Zurich. Vu que les coûts bruts sont les plus élevés de Suisse (hauts salaires) dans la région de Zurich, le bénéfice net y est pratiquement nul.

Les coûts bruts des entreprises comprennent notamment les charges salariales liées aux apprentis, les frais de personnel et de matériel. Pour la période sous revue, ils s'élèvent en moyenne, tous contrats confondus, à 28'070 francs par an. Les employeurs tirent en revanche profit des apprentis comme main-d'oeuvre. La valeur de leurs activités se monte en moyenne à 31'240 francs par an.

Les entreprises peuvent accroître leur bénéfice ou réduire leurs coûts dès lors qu'elles continuent à employer les personnes formées après leur apprentissage, font remarquer les auteurs de l'étude dans leur rapport. Elles peuvent ainsi épargner en moyenne 10'700 francs par contrat d'apprentissage en frais liés au recrutement et à la mise au courant de nouveaux collaborateurs.

Bases légales approuvées

Une première pour cette étude triennale: les entreprises ont été invitées à donner une évaluation des bases légales. Deux tiers d'entre elles ont indiqué que les ordonnances et plans de formation répondaient à leurs exigences. Ainsi, 83% des contenus qui y sont fixés seraient pertinents. Seules 12% des entreprises transmettent en sus des compétences ne figurant pas dans les plans de formation.

L'enquête en ligne a fourni un ensemble de données provenant de 5712 entreprises formatrices et 4064 entreprises non formatrices. Les sociétés ont été sélectionnées de manière aléatoire à partir du registre des entreprises de l'Office fédéral de la statistique (OFS). Le taux de réponse s'est élevé à 27% pour les entreprises formatrices et à 29% pour les entreprises non formatrices. (ats/TDG)

Créé: 26.11.2019, 17h04

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