Passer au contenu principal

Les profs accumulent les heures supplémentaires

Les pourcentages d'heures supplémentaires non rémunérées chez les enseignants sont encore trop importants.

Les Alémaniques enregistrent près de 13% d'heures supplémentaires contre un peu plus de 2% pour les Romands.
Les Alémaniques enregistrent près de 13% d'heures supplémentaires contre un peu plus de 2% pour les Romands.
Martial Trezzini, Keystone

Les enseignants suisses font toujours trop d'heures supplémentaires non rémunérées, selon une nouvelle enquête de la branche. Ils revendiquent des améliorations de leurs conditions de travail.

«Les enseignants suisses ont le nombre d'heures de travail le plus élevé de tous les pays de l'OCDE et réalisent des heures supplémentaires non rémunérées pour des centaines de millions de francs», a dénoncé le président central de la faîtière alémanique d'enseignants (LCH) Beat Zemp lors de la présentation des résultats de l'étude mercredi à Berne. «La situation est inacceptable.»

Menée pour la première fois des deux côtés du Röstigraben auprès de plus de 10'000 personnes, l'enquête montre que tous les enseignants accumulent trop d'heures supplémentaires non rémunérées. Les Alémaniques enregistrent près de 13% d'heures supplémentaires contre seulement un peu plus de 2% pour les Romands.

Des différences régionales

Du côté alémanique, le temps de travail annuel par équivalent plein temps est de 2164 heures pour un temps de référence de 1916 heures. Du côté romand, ce dernier est de 1853 heures. Or, les enseignants font environ 1892 heures annuellement pour un équivalent plein temps.

De telles différences régionales s'expliquent par des conditions-cadre différentes. Les enseignants romands exercent, par exemple, moins de fonctions supplémentaires que leurs collègues alémaniques. Et leurs activités d'enseignement et non scolaires exigent moins de temps.

S'ils effectuent moins d'heures supplémentaires et se disent pour les deux tiers satisfaits ou très satisfaits de leur activité professionnelle, les enseignants romands sont cependant tout aussi nombreux à estimer leur métier stressant. Quelque 60% d'entre eux considèrent également que leur état de santé se dégrade au fur et à mesure que la période scolaire avance.

Eviter le surmenage

Pour éviter le surmenage, environ un enseignant sur cinq réduit «volontairement» sa charge de travail. «Un taux d'occupation à 100% est difficile à tenir sous les conditions actuelles», souligne Franziska Peterhans, secrétaire centrale de LCH. En cause: le temps de travail à effectuer, mais également l'augmentation des charges, comme l'hétérogénéité grandissante des classes.

Or, toutes régions confondues, ce sont les enseignants à temps partiels qui affichent le plus d'heures supplémentaires. «Plus la charge de travail est faible, plus le nombre d'heures supplémentaires est grand», dénonce Franziska Peterhans. «Les enseignants travaillant moins de 50% ont une charge supplémentaire de 22%», donne-t-elle en exemple. «C'est beaucoup trop.»

Il faut mettre en place des cahiers de charges adaptés, abonde Samuel Rohrbach, président du syndicat des enseignants romands (SER). «Il y a une part incompressible de travail. Qu'on travaille à 100% ou 50%, il y a le même nombre de séances de coordination et le même nombre de formations continues.»

Les faîtières d'enseignants formulent ainsi plusieurs revendications. Elles exigent la fin des heures supplémentaires non rémunérées, une réduction du nombre de cours obligatoires, plus de ressources pour l'encadrement des classes et plus de temps pour les discussions avec les parents.

Moins d'heures sup' qu'en 2009

Seule bonne nouvelle: les enseignants accumulent moins d'heures supplémentaires qu'il y a dix ans. L'étude de 2009, menée seulement dans les régions suisses alémaniques, montrait que les enseignants travaillaient en moyenne 167 heures de plus qu'aujourd'hui.

La réduction du temps de travail est due à une organisation plus efficace du travail communautaire et administratif. Le nombre de cours de formation continue a été réduit et il y a eu un passage de la préparation à court terme à la planification à long terme.

(ats)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.