«Nous n'avons pas encore atteint nos limites»

AsileLa situation restera tendue cette année sur le front de l’asile en Suisse. Le secrétaire d’État aux migrations, Mario Gattiker, fait le point.

Le secrétaire d’État aux migrations,Mario Gattiker.

Le secrétaire d’État aux migrations,Mario Gattiker. Image: Florian Cella

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En 2015, 39'523 demandes d’asile ont été déposées en Suisse, soit 66% de plus que l’année précédente. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a fait le point jeudi matin à Berne sur les perspectives 2016. Il estime que le nombre de demandes sera au moins équivalente, voire plus importante cette année. Il ne se risque toutefois à aucune estimation au vu des multiples facteurs influençant l'asile (évolution des conflits, routes migratoires, politique européenne, etc.). Si la route des Balkans, la plus utilisée aujourd’hui par les migrants arrivant en Europe est saturée, il est par exemple possible que la route du sud via l’Italie regagne en importance, ce qui conduirait les réfugiés directement en Suisse.

Face à une situation hors norme sur le plan européen, le SEM pondère toutefois les chiffres nationaux: jamais depuis 25 ans, la part de la Suisse par rapport au nombre de demandes d’asile déposées en Europe n’a été aussi basse que l’an dernier, avec 3%. Le résultat, selon Berne, de la politique d’asile poursuivie par la Confédération et les cantons, sur le slogan «dure, mais juste». Entretien avec le Secrétaire d’État aux migrations, Mario Gattiker.

–Avec plus de 39'000 demandes d'asile déposées en 2015, a-t-on atteint un point critique en Suisse? C’est surtout un défi pour la Confédération et les cantons. Nous n’avons pas encore atteint nos limites, mais nous devons nous préparer soigneusement pour des situations difficiles aussi cette année.

–En 2016, franchira-t-on la barre des 40'000 demandes? On ne peut pas l'affirmer. La situation est très fluctuante, volatile. C’est bien pourquoi nous devons analyser les développements et adapter notre planification. Mais nous partons de l’idée que cette année, il y aura plus ou moins le même nombre de demandes d’asile que l’an dernier, voire un peu plus.

–Pourquoi est-ce à ce point compliqué de faire des prévisions? Nous avons une énorme pression sur les frontières européennes, une situation très difficile en Turquie. Et nous ne savons pas comment les routes migratoires se développeront, si elles resteront les mêmes ou s’il y aura des effets de déviation à cause de mesures prises à certaines frontières nationales. Toutes ces variantes rendent très complexe l'établissement d'un pronostic précis.

-Craignez-vous la fin de l’espace Schengen en 2016, avec le rétablissement progressif des contrôles aux frontières par des pays européens ? La situation de Schengen est tendue. Mais il y a aussi une forte volonté de la communauté européenne de maintenir Schengen. Parce que ce n'est pas qu'un instrument pour les réfugiés et les requérants d’asile. Schengen qui garantit la liberté à l’intérieur de l’Europe, a une signification énorme pour l’économie, pensez au secteur touristique! Il est clair qu’il faut adapter les instruments de Schengen et Dublin pour mieux gérer la situation, soumise à une pression énorme. Des mesures ont déjà été prises. Il faut arriver à un système solidaire avec une meilleure répartition des requérants d’asile et réfugiés dans l’Europe.

Créé: 28.01.2016, 14h14

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