Les élus renoncent à combattre les OGM à Berne

AgricultureDeux textes demandaient de prolonger le moratoire sur les organismes génétiquement modifiés. Une courte majorité les a classés en premier débat.

Séverine Evéquoz (à g.) et Circé Fuchs, les deux rapportrices de la commission.

Séverine Evéquoz (à g.) et Circé Fuchs, les deux rapportrices de la commission. Image: JEAN-BERNARD SIEBER/ARC

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Deux initiatives parlementaires, l’une du Vert Olivier Épars, l’autre de l’UDC Jean-François Thuillard, demandaient, à deux ans d’intervalle, que le Conseil d’État vaudois revendique auprès des autorités fédérales la prolongation du moratoire sur les OGM. Six ans après le premier texte (celui de Jean-François Thuillard), le Grand Conseil s’est prononcé ce mardi pour l’abandon de ces deux requêtes. À l’issue d’un débat filandreux, le score s’est révélé très serré. Un deuxième débat sera organisé prochainement.

Pour le Conseil d’État, il n’y a pas lieu de se signaler à Berne, compte tenu que le moratoire actuel (qui court depuis le 28 novembre 2005) est encore en vigueur jusqu’à fin 2021. Philippe Leuba plaide qu’il convient de se calquer sur la position du Conseil fédéral. Un bilan sera tiré d’ici à deux ans et si les garanties en termes de sécurité pour la santé des consommateurs ne sont pas obtenues, le Conseil d’État soutiendra alors un moratoire supplémentaire de quatre ou cinq ans, suivant l’évolution de la recherche.

Nourrir la population

La gauche a tenté de remettre les initiatives en selle, arguant qu’un moratoire de dix ans, voire l’interdiction définitive des OGM, ne serait pas de trop. «Le débat va de toute façon reprendre aux Chambres fédérales en vue de la fin du moratoire», a fait valoir la Verte Séverine Évéquoz au nom de la minorité de la commission. Pour son collègue Olivier Épars, ce serait même un «signe fort» qui n’affecterait en rien la recherche.

Les agriculteurs de l’UDC, bien représentés au Grand Conseil, ont combattu l’idée, quand bien même l’une des deux initiatives venait de leurs rangs. À vrai dire, le temps a passé et aujourd’hui les futurs scrutins contre les pesticides menacent ce secteur. Pour le chef de groupe Philippe Jobin, une prolongation du moratoire par tranches de quatre ans est suffisante. D’autant que, si les pesticides devaient devenir prohibés, il faudrait bien trouver un moyen de nourrir la population.

Les agriculteurs énoncent qu’un passage au bio intégral ferait perdre 40% de la production indigène dans un pays qui ne nourrit, aujourd’hui déjà, qu’un Suisse sur deux. Sans se dire d’accord avec ce constat, la gauche a concédé, par le biais d’un amendement, que le texte à porter à Berne pouvait ne pas mentionner l’interdiction totale des OGM. Cela n’a pas suffi à convaincre le camp adverse.

Créé: 11.02.2020, 20h14

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