Un élu UDC plaide pour la régularisation de sans-papiers

PolitiqueClaudio Zanetti veut encourager la normalisation des clandestins. Il appelle son parti à infléchir sa position.

Le conseiller national Claudio Zanetti (UDC/ZH) plaide pour une certaine tolérance à l’égard des clandestins de Suisse.

Le conseiller national Claudio Zanetti (UDC/ZH) plaide pour une certaine tolérance à l’égard des clandestins de Suisse. Image: Keystone

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Il faut ouvrir la voie à une régularisation des sans-papiers vivant en Suisse! Détrompez-vous, cet appel ne provient pas des rangs de la gauche, mais d’un élu UDC. C’est en substance ce qu’a plaidé, jeudi, le conseiller national zurichois Claudio Zanetti dans la «NZZ». Un cri du cœur qui tranche avec la ligne de son parti. Depuis des années, les démocrates du centre appellent à la plus grande intransigeance envers les personnes sans statut légal. «Les illégaux sans-papiers doivent être renvoyés!» peut-on notamment lire dans un de ses communiqués.

Comment expliquer cette voix dissonante? Au bout du fil, Claudio Zanetti s’étonne de susciter l’étonnement. «Mon parti a toujours défendu l’État de droit. Or la situation actuelle est complètement éloignée du respect des lois. Jusqu’à présent, les autorités se sont contentées d’administrer un problème qui a fini par prendre beaucoup trop d’ampleur. On ne va pas mobiliser l’armée pour expulser toutes ces personnes hors de Suisse! Il faut donc trouver une solution.» D’après le Secrétariat d’État aux migrations, 76'000 sans-papiers vivent en Suisse. Une situation intenable sur la durée alors que ces personnes vivent «cachées», dans un état de «peur terrible», regrette Claudio Zanetti. L’élu raconte avoir entendu parler d’un accident de circulation qui aurait fait une blessée. En situation irrégulière, cette dernière aurait fui avant l’arrivée de l’ambulance. «Je ne veux pas de ce genre d’histoire dans mon pays.»

Brève amnistie

Le Zurichois propose donc une sorte d’amnistie qui permettrait, selon lui, de sortir des milliers de personnes de la clandestinité. Il s’agirait de lancer une opération nationale unique et limitée dans le temps qui inciterait les sans-papiers à déposer une demande de régularisation. Les clandestins habitant en Suisse depuis de nombreuses années doivent avoir la possibilité de normaliser leur situation, plaide l’élu. Mais chaque cas doit être examiné individuellement, «avec une certaine tolérance». Une personne qui ne saisirait pas cette opportunité perdrait le droit de régler son cas dans le futur. Claudio Zanetti juge que cette dernière mesure donne une autre dimension à son idée par rapport à «Papyrus», le projet pilote genevois de régularisation.

L’UDC n’a pas encore réfléchi à tous les détails de sa proposition, notamment aux conditions permettant une régularisation. Il veut d’abord lancer le débat sous la Coupole et au sein de son parti. «Il ne s’agit pas d’une solution idéale, mais c’est la moins mauvaise. Mes collègues de parti doivent comprendre que la sévérité que nous prônons ne fonctionne pas. Nous avons montré notre colère, mais rien n’a bougé dans notre sens.» L’élu ne veut par ailleurs pas laisser ce dossier aux mains de la gauche, qui, dit-il, «n’a pas le monopole du cœur».

Critiques à l’UDC

Claudio Zanetti est connu pour défendre des positions à contre-courant au sein de son parti. Il est notamment contre l’interdiction de la burqa. Sa nouvelle proposition fait un four auprès du chef de groupe UDC au parlement, Thomas Aeschi (ZG). «Les clandestins ne doivent certainement pas être récompensés pour leur comportement illégal», s’est-il offusqué dans la «NZZ». Contacté, le vice-président du groupe, Michaël Buffat (VD) craint lui aussi l’appel d’air que provoquerait une telle action. «À l’UDC, nous avons du cœur, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. La meilleure solution, c’est de lutter contre le travail au noir.»

Lutter contre le travail au noir: c’est précisément l’un des objectifs poursuivis par le Canton de Genève avec «Papyrus». L’an dernier, les conseiller nationaux UDC genevois avaient vivement dénoncé le lancement de l’opération. Celle-ci devrait déboucher sur la régularisation de 2200 à 2500 personnes d’ici à la fin de 2018. (TDG)

Créé: 15.11.2018, 21h47

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