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Au cœur des manœuvres, le ticket UDC mis sous pression

Le suspense sur la succession d'Eveline Widmer-Schlumpf durera jusqu'à mercredi. L'élection d'un outsider n'est pas à exclure.

Il n'est pas complètement exclu que l'Assemblée fédérale élise mercredi prochain un outsider plutôt que Norman Gobbi, Thomas Aeschi ou Guy Parmelin (de gauche à droite sur la photo).
Il n'est pas complètement exclu que l'Assemblée fédérale élise mercredi prochain un outsider plutôt que Norman Gobbi, Thomas Aeschi ou Guy Parmelin (de gauche à droite sur la photo).
Keystone

Aucun des candidats officiels de l'UDC à la succession d'Eveline Widmer-Schlumpf ne se détache vraiment. Il n'est pas complètement exclu que l'Assemblée fédérale élise un outsider plutôt que Thomas Aeschi, Guy Parmelin ou Norman Gobbi.

Les trois poulains ont été auditionnés mardi par les autres parlementaires bourgeois. D'après les présidents des groupes PDC, PLR, Vert'libéraux et PBD, il ne devrait pas y avoir de surprise et les formations devraient élire un des candidats du ticket officiel de l'UDC.

Le PDC a toutefois répété son irritation contre la règle de l'UDC qui lui permet de bannir de ses rangs tout membre élu au Conseil fédéral sans être candidat officiel. «Il serait désirable que l'UDC biffe cette clause qui limite le choix du Parlement», a déclaré Filippo Lombardi. «Il s'agit d'une question de principe».

Interrogé sur la possibilité que le PDC soutienne un candidat sauvage, le Tessinois a botté en touche. Un éventuel coup pourrait venir du centre ou de la gauche.

Grogne à gauche

Le président du PS Christian Levrat a lancé quelques phrases sibyllines et les Verts ont même appelé le centre-droit à présenter un candidat pour faire barrage à l'UDC. Les écologistes n'entendront d'ailleurs pas les poulains du parti.

Le PS soumettra les trois prétendants officiels à la question la veille de l'élection, et posera des conditions concernant les droits fondamentaux, la collégialité et la politique européenne. Les auditions pourraient donc servir à disqualifier les intéressés.

Une partie des socialistes ne voulaient même pas se livrer à cet exercice. Ils rechignaient surtout à entendre le léguiste Norman Gobbi.

Des plans B

Les plans visant à tenir tête à la formation de droite dure viseraient plutôt à lui imposer un élu. Certains médias évoquaient en début de semaine un «scénario Brand» pour faire élire l'UDC Heinz Brand. Mais il semble que la presse ait monté en épingle des déclarations datant de la semaine dernière.

Le Grison y estimait qu'un ticket à quatre l'incluant permettrait de prendre en compte les demandes des autres partis pour un vrai choix. Il a entre-temps réaffirmé que le chapitre était clos et qu'il n'accepterait pas une élection.

Les éventuels autres plans B visant à élire un candidat non officiel de l'UDC se fondent sur la petite porte de sortie offerte par les statuts du parti. Un élu hors ticket serait automatiquement exclu du parti. Mais une réintégration est possible, si le groupe parlementaire et le comité central l'acceptent, chacun avec une majorité de deux tiers.

Pas d'enthousiasme

Après les premières auditions, aucun des trois prétendants n'a suscité un enthousiasme généralisé. La ligne néolibérale du Zougois Thomas Aeschi a fait rêver quelques PLR, bien qu'il ait été longuement cuisiné sur ses liens jugés trop étroits avec Christoph Blocher. Certains reprochent son inexpérience au jeune consultant de 36 ans.

D'autres rappellent que Guy Parmelin avait déclaré en son temps ne pas être un homme d'exécutif. La profession du viticulteur vaudois de 64 ans lui permet d'espérer le soutien du lobby paysan. Mais ses compétences linguistiques laissent à désirer. Son élection réduirait les chances d'un Romand lors d'un prochain départ d'un conseiller fédéral.

Le tonitruant Norman Gobbi, 38 ans, semble nettement moins inspirer les parlementaires. Le président du gouvernement tessinois a surtout fait parler de lui pour ses projets expéditifs et ses déclarations à l'emporte-pièce. Son appartenance à la Lega et son intégration intéressée à l'UDC lui ont valu un interrogatoire serré du groupe PLR.

Chaque voix compte

Bien malin au final qui devinera lequel des trois succédera finalement à Eveline Widmer-Schlumpf. Même Alain Rebetez, correspondant expérimenté de la RTS au Palais fédéral, a avoué n'en rien savoir.

Chacune des 246 voix comptera. Les plus petits partis comme le PVL ou le PBD peuvent devenir des faiseurs de roi. Et même les recommandations d'un groupe n'empêcheront pas ses représentants de voter selon leurs propres intérêts et convictions.

(ats)

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