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LanguesL’école valaisanne s’ouvre au patois

Elle invite les enseignants du degré primaire et du cycle d’orientation à sensibiliser leurs élèves au patois. Un matériel didactique est à leur disposition: «EOLE et patois», un ouvrage présenté à Sion.

«Il ne s’agit pas de rajouter une matière dans un programme scolaire déjà chargé mais de donner une nouvelle ouverture aux enseignants qui le souhaitent et à leur classe», a précisé devant la presse Jean-François Lovey, chef du service valaisan de l’enseignement.

Les professeurs seront informés par écrit de cette opportunité. Puis le département de l’éducation parie sur la curiosité et le dynamisme de certains d’entre eux et sur l’effet boule de neige auprès de leurs collègues.

Le plaisir des enfants

L’approche d’EOLE (pour Education et ouverture aux langues à l’école) «n’est pas de faire un discours sur les langues mais de travailler avec les langues», a indiqué Daniel Elmiger, auteur de l’ouvrage avec Jean-François de Pietro.

Il s’agit par exemple, via des exercices pratiques ludiques, d’écouter de l’occitan, du patois de Chermignon (VS) ou encore du dialecte de Roisan (Vallée d’Aoste), de repérer les mots, de les reconnaître ou encore de les comparer. «Les enfants prennent beaucoup de plaisir à cette approche. Cela les ouvre sur les langues et leur diversité et renforce notamment leurs aptitudes à faire des liens entre les langues.

Autant d’activités voulues par le nouveau Plan d’études romand (PER)», a témoigné Sébastien Wütrich, qui dans le cadre de ses études à la Haute école pédagogique (HEP) du Valais a testé le concept dans une classe de 4e primaire.

«Accoucher» de nouveaux patoisants

Sensibiliser les jeunes est une question de survie pour le francoprovençal: «Il faut «accoucher» de nouveaux patoisants», a martelé Bernard Bornet, président de la Fondation et du Conseil du patois et ancien conseiller d’Etat valaisan.

La sensibilisation a déjà débuté via les universités populaires (UNIPO) mais aussi par des cours facultatifs dispensés hors des grilles horaires scolaires. Ainsi à Evolène, «Mecque» du patois en Valais, 65 élèves ont suivi 15 leçons sur cinq mois, sans aucune défection.

Les adeptes du patois et de sa renaissance attendent beaucoup de l’action EOLE dans l’école obligatoire valaisanne. La période est favorable selon Bernard Bornet: «C’est rude mais la sauce prend. Avant, on avait honte de parler patois, maintenant c’est devenu tendance».

(ats)

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