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SuisseDidier Burkhalter ne se sentait plus «en phase»

L'ancien ministre neuchâtelois revient sur le «retour à la vie normale» et son départ du Conseil fédéral.

Didier Burkhalter, dans une séance de dédicaces sur son premier ouvrage« Enfance de terre».
Didier Burkhalter, dans une séance de dédicaces sur son premier ouvrage« Enfance de terre».
Keystone

Didier Burkhalter n'en finit plus de faire parler de lui depuis qu'il n'est plus au Conseil fédéral. En effet, l'ex-chef du Département des affaires étrangères revient sur le devant de la scène avec un 3e livre. Cette fois, il fait paraître un livre d'entretiens avec José Ribeaud baptisé «Didier Burkhalter, humaniste et homme de convictions». Et il en a profité pour se confier sur sa nouvelle vie et la politique en général dans l'émission de la RTS «Pardonnez-moi».

Didier Burkhalter va bien, dit-il. Sa nouvelle vie a représenté «un changement assez fort, mais voulu» et il se dit heureux d'avoir retrouvé la liberté. «Dans l'activité gouvernementale, il y a un carcan très fort dû à la fonction de conseiller fédéral et à la collégialité au sein du collège», explique-t-il. «Avec le retour à la vie normale, il y a eu le réapprentissage de la liberté. »

Une image qui revient souvent

L'ancien ministre revient sur l'image de lui prise à la sauvette par un journaliste seul sur un quai de gare à Neuchâtel, alors qu'il était président de la Confédération, une image qui avait fait le tour du monde. «On m'en parle encore souvent en Suisse et dans le monde», dit-il. «Ce côté proche de la réalité a touché la population. Car c'est au fond la Suisse.»

Il parle aussi de son épouse Friedrun, omniprésente, durant ses activités politiques. «Elle est ma vie», reconnaît-il. «On a toujours tout partagé et durant mon passage au Conseil fédéral, on a encore partagé beaucoup», dit-il. Et il s'amuse encore du fait que les médias encensaient Barack Obama quand il tenait par la main Michelle alors qu'ils se moquaient de lui quand il en faisait de même avec son épouse. «Mais le public s'est toujours montré très sympathique avec nous», confie-t-il.

«Faisons confiance au Conseil fédéral»

Didier Burkhalter revient également sur le dossier européen. Il répète que ce ne sont pas les négociations Suisse-UE concernant un accord institutionnel qui l'ont poussé à partir du gouvernement. Sa décision reflétait son «besoin de faire autre chose» et la perte du «feu sacré pour être à 200%» au Conseil fédéral. «Il est important de ne pas quitter le Conseil fédéral avec de l'amertume, parce qu'on y est resté trop longtemps alors qu'on n'en a plus la force. «C'est ce que j'ai ressenti un jour en me réveillant, juste après deux voyages très très forts émotionnellement.»

Et il ajoute: «je souhaite que l'on fasse confiance au Conseil fédéral car c'est son job, la négociation. Et on ne coupe pas à une bonne relation avec l'Europe, car on est au cœur de l'Europe. Il faut l'accepter. Ce n'est pas un drame, c'est même une chance», affirme-t-il. «Il faut donc partager un certain nombre de choses tout en restant ce que nous sommes. C'est possible, mais cela implique un certain nombre d'accords avec l'UE. On y arrivera, mais il faut encore un peu de temps.»

Le Neuchâtelois évoque aussi sa position au sein du collège à Berne et sur le fait d'avoir été peu à peu minorisé sur plusieurs dossiers qui lui tenait à cœur, comme la question de l'égalité des salaires entre hommes et femmes («si j'avais été une femme, j'aurais eu beaucoup moins de patience») ou les exportations d'armes dans les zones de conflit («J'estime qu'il faut être très clair et les refuser»). Il explique:«ça arrive souvent d'être minorisé. Mais cela devient problématique lorsqu'on a vraiment l'impression que l'autorité collégiale dans laquelle on travaille n'est plus en phase avec ce que l'on pense fondamentalement», explique-t-il.

Pas sur la même longueur d'ondes

Et il avoue: «j'ai ressenti comme si je n'étais pas tout à fait sur la même longueur d'ondes. Mais cela arrive tout le temps», relativise-t-il. «Simplement pour moi, après 32 ans de politique, j'ai ressenti le besoin de pouvoir exprimer librement ce que je pensais.»

Il revient notamment sur sa difficulté de «switcher» entre ses activités fédérales: «vous revenez de l'Ukraine, de l'hôpital des enfants, de la ligne de contact, vous côtoyez des gens de l'humanitaire et en quelques minutes, vous reprenez l'avion et vous vous retrouvez avec la vie de l'Exécutif fédéral. C'est difficile de jongler avec tout ça dans une seule journée. »

Il conclut l'entretien en donnant ce conseil à ceux qui changent de vie complètement: «il faut être très clair: quand on décide de faire quelque chose, il faut le faire complètement et ne plus regarder en arrière. Il faut avoir une grande reconnaissance pour les moments que l'on a pu vivre mais il faut se concentrer entièrement sur le nouveau. Il faut rajeunir, repartir», souligne-t-il. «Pour ma part, je crois que j'ai rajeuni, que j'ai une attitude dans la vie différente qui remet les valeurs au centre du village, comme l'église.»

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