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NégociationsDésarmement: la délicate position suisse

La Suisse est prise entre la défense du désarmement nucléaire et la volonté de maintien de la stabilité entre les différents pays.

Des manifestants anti-nucléaire lors du sommet sur le nucléaire à Washington en avril 2016. (Archive)
Des manifestants anti-nucléaire lors du sommet sur le nucléaire à Washington en avril 2016. (Archive)
AFP

La Suisse, pourtant ardente défenderesse du désarmement nucléaire, n'a pas accueilli les négociations de New York pour un traité d'interdiction avec enthousiasme. Elle redoute que les discussions ne fâchent les puissances nucléaires qui les boycottent, mais participera malgré cette volonté d'apaisement.

Lors du vote de la résolution à l'Assemblée générale de l'ONU en décembre dernier, elle s'était abstenue. Elle avait déploré l'absence de volonté claire d'aboutir à «un accord général» pour le soutien le plus large, notamment avec les Etats nucléaires.

«Il y a une sorte de logique de la Suisse de vouloir jouer un rôle de médiatrice», estime le chercheur au Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP) Marc Finaud. Elle veut maintenir le dialogue avec des Etats comme la France, la plus fermement opposée aux discussions, ou d'autres puissances nucléaires.

Pour autant, la Suisse admet un vide juridique à combler. Mais elle estime que les contraintes sécuritaires de certains pays doivent être prises en compte. Tout accord devra faire avancer le désarmement et renforcer le droit international et les traités comme celui de non-prolifération (TNP), a dit à l'ats l'ambassadrice suisse auprès de la Conférence du désarmement à Genève, Sabrina Dallafior.

Protéger les intérêts nationaux

Mais aussi ne pas «contrevenir aux intérêts nationaux» de la Suisse. Berne sera notamment attentive à un éventuel impact négatif sur l'énergie, le commerce, l'industrie ou la recherche. Un accès restreint à l'énergie nucléaire en raison du traité est «peu probable», dit Sabrina Dallafior. Les Etats qui ne disposent pas de l'arme nucléaire «n'ont aucun intérêt à restreindre leurs droits».

Et la Suisse ne veut pas d'un traité qui réduirait la «marge de manœuvre des Etats qui le ratifieraient» pour coopérer en matière de sécurité avec des puissances nucléaires. Au contraire, elle souhaite que le nouvel instrument la renforce, notamment contre les attaques nucléaires ou radiologiques ou en cas d'accidents de même nature.

Pas question pour Sabrina Dallafior d'affirmer déjà si Berne signera ou non un traité qui serait inacceptable pour les puissances nucléaires. Il sera examiné de manière «approfondie».

Calmy-Rey plus «engagée»

Autre explication de la tiédeur suisse selon Marc Finaud, l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey était peut-être plus engagée pour une interdiction que Didier Burkhalter. En janvier 2016, elle a même abouti à une proposition de traité avec des étudiants, soumise aux ambassadeurs de la Conférence du désarmement qui lui ont réservé un accueil désintéressé.

Berne aurait aussi peut-être préféré que les discussions aient lieu à Genève, estime le directeur de la Plateforme du désarmement de Genève (GDP), Richard Lennane. Le consensus indispensable à la Conférence du désarmement «rend toute avancée compliquée», rétorque Sabrina Dallafior. Elle souhaite que les négociations de New York aient «un effet salutaire» sur l'enceinte et renforcent la volonté de ses Etats membres.

ats

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