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Une démission de Doris Leuthard ouvrirait le jeu, sans rassurer le PDC

La conseillère fédérale suivra-t-elle Johann Schneider-Ammann? La cote de ce scénario progresse. Voici ce que changerait une double vacance au Conseil fédéral.

Doris Leuthard va-t-elle aussi rendre son tablier?
Doris Leuthard va-t-elle aussi rendre son tablier?
Keystone

La pression redouble désormais sur la conseillère fédérale PDC Doris Leuthard. Celle-ci a déjà annoncé l’an dernier qu’elle ne briguera pas de mandat supplémentaire en 2019. Mais avec l’annonce du départ de Johann Schneider-Ammann, la cote du scénario d’une double vacance au Conseil fédéral fin décembre a encore progressé. Doris Leuthard était à New York, à l’assemblée générale de l’ONU mardi. Elle sera de retour ce mercredi en Suisse. Elle est attendue au parlement jeudi. Elle pourrait encore s’exprimer sur son départ vendredi, en marge de la séance du Conseil fédéral.

Que changerait une double vacance? «Le jour de l’élection, cela donne plus de marge de manœuvre à l’Assemblée fédérale», résume la présidente du PLR, Petra Gössi. «Cela enlèverait un peu de pression au PDC, par rapport à l’aspect femmes», estime Jacques-André Maire (PS/NE). Au contraire, un élu démocrate-chrétien estime qu’«en démissionnant maintenant, Doris Leuthard a encore le pouvoir de faire élire une femme PDC plutôt qu’une femme PLR».

Pourquoi? Selon les règles en vigueur, si Doris Leuthard démissionne au 31 décembre, comme son collègue Johann Schneider-Ammann, c’est son siège qui sera d’abord repourvu par l’Assemblée fédérale avant celui du Bernois. Privilège de la doyenne. Et du coup, les parlementaires fédéraux pourraient opter pour une femme pour remplacer l’Argovienne, et – estimant leurs devoirs faits – se rabattre sur un homme pour remplacer Johann Schneider-Ammann.

Le PLR joue la tranquillité à ce stade. «Une double vacance ne changerait rien pour nous, affirme le vice-président Philippe Nantermod. Et j’espère bien que, pour l’Assemblée fédérale, élire deux femmes ne serait pas un no-go. » Doris Fiala, la présidente des Femmes PLR ajoute: «Le PDC fera ce qu’il veut si sa ministre démissionne. Mais pour moi, il n’est pas question qu’il ne reste que Simonetta Sommaruga au Conseil fédéral. Et même si deux femmes sont élues en décembre, il ne me semblerait pas exagéré d’avoir trois conseillères fédérales!» Seule la présidente du parti, Petra Gössi, se montre un peu plus nerveuse. Si une double vacance offre plus de marge de manœuvre aux parlementaires, le risque est aussi de voir fleurir des candidatures sauvages, remarque-t-elle.

Une barrière à Pfister

En démissionnant maintenant, Doris Leuthard donnerait-elle vraiment un coup de pouce aux femmes? «Le cas échéant, chaque parti développerait sa stratégie. Au PDC, nous avons eu une femme ministre depuis 12 ans, ce qui n’est pas le cas du PLR. Placer une femme chez nous, vu certains appétits masculins risque d’être plus difficile», commente la conseillère aux États Anne Seydoux (PDC/JU). Mais ce n’est pas le seul enjeu. «C’est compliqué pour nous. Nous n’avons pas de candidat incroyablement sexy pour une campagne, remarque un élu PDC. Et Doris Leuthard est très populaire. Cela pourrait être problématique pour le parti.»

Parmi les successeurs possibles de l’Argovienne, les noms des élus fédéraux Viola Amherd (VS), Pirmin Bischof (SO), Erich Ettlin ou encore celui du conseiller d’État Benedikt Würth circulent.

Et une ombre plane… Le président du PDC, Gerhard Pfister, a déclaré qu’il n’était pas intéressé. Ses collègues ne le croient pas. «Bien sûr qu’il l’est, mais ce serait plus compliqué pour lui de se présenter à un an des élections fédérales», note un démocrate-chrétien. Ce serait, pour un autre collègue, le plus grand bénéfice d’une démission de Doris Leuthard: faire barrière à Gerhard Pfister. «Nous avons déjà deux UDC au Conseil fédéral, nous n’avons pas besoin d’un troisième.»

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