L’EI planifiait une attaque sur des citernes à Bâle

TerrorismeDes données saisies en Syrie aux combattants de Daech montrent que des stocks de mazout du port rhénan étaient visés.

cette zone industrielle du port de Bâle, des réservoirs semblables à ceux visés par l’EI servent toujours à stocker du mazout, non loin du site ciblé par lesterroristes et démantelé depuis.

cette zone industrielle du port de Bâle, des réservoirs semblables à ceux visés par l’EI servent toujours à stocker du mazout, non loin du site ciblé par lesterroristes et démantelé depuis.

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La vue aérienne montre d’énormes citernes contenant du mazout; on en dénombre 25. Cette zone industrielle pourrait être située n’importe où. Mais les coordonnées figurant sur le document révèlent qu’il s’agit d’un dépôt de combustible du port de Bâle, situé juste à la frontière avec la France et l’Allemagne. À proximité s’élève un quartier d’habitation. C’est là que l’État islamique (EI) prévoyait de frapper.

Cette vue aérienne a été découverte sur un disque dur appartenant à des combattants de cette milice terroriste. En février, l’EI venait de perdre face aux forces syriennes locales l’un de ses derniers bastions dans l’est du pays. Fuyant après cette défaite, les soldats de l’EI abandonnèrent ce disque dur sur place. Le journal britannique «Sunday Times» a pu récemment analyser les informations qui y étaient stockées. Elles indiquent que l’EI, donné pour moribond, ne s’avoue de loin pas vaincu.

Les documents démontrent que l’EI a l’intention de commettre des attentats au Moyen-Orient et en Europe. On découvre ainsi des lettres adressées par des membres haut placés au commandant en chef Abou Bakr al-Baghdadi. Elles décrivent la mise en place d’un «Bureau pour les relations extérieures». Celui-ci devait installer des «unités crocodiles», composées de cellules dormantes restant à couvert jusqu’au moment où elles frappent.

Le but principal de ces combattants de la liberté est de financer le califat sur le déclin, en attaquant des banques ou en les piratant numériquement. Mais ces justiciers d’Allah doivent aussi tuer des mécréants. L’attentat de 2015 contre le Bataclan à Paris est expressément mentionné comme source «d’inspiration».

«Catastrophe économique»

Les descriptions signées d’un commandeur dénommé Abou Taher al-Tajiki sont très concrètes. Dans ses écrits, il indique disposer de combattants prêts à intervenir qui souhaitent effectuer des missions dans des endroits «à grande distance de l’État islamique». Une de ses lettres contient la photo satellite du port rhénan de Bâle et des citernes à mazout. Selon al-Tajiki, l’attentat devait déclencher une «catastrophe économique». Il était planifié en janvier dernier – mais n’a jamais été concrétisé.

Pourquoi donc? Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) ne consent qu’avec une extrême réticence à parler des plans récupérés en Syrie. «Pour l’instant, nous ne disposons pas d’informations supplémentaires sur les attaques possibles et le contenu de ces documents», déclare la porte-parole du SRC Isabelle Graber. Actuellement il n’y a pas «de pistes concernant des attentats planifiés contre des cibles dans la région de Bâle». La porte-parole ne précise pas si cela a été le cas auparavant. Les Ports rhénans suisses ne répondent pas aux questions sur cette affaire.

Il est possible que les autorités n’aient pas eu connaissance de ces projets avant que le «Sunday Times» ne les mentionne. Car si les citernes du coude du Rhin sont encore visibles sur les documents de l’EI, elles n’existent plus dans les faits. L’an dernier – soit avant la date prévue pour l’attentat –, ces immenses cylindres ont été démolis. Les travaux ont coûté 3,2 millions de francs, il ne reste qu’un terrain vague à cet endroit. Cependant, non loin de là, de nombreuses citernes semblables servent toujours à stocker temporairement du mazout.

On ne peut déduire précisément, à partir des données saisies, le degré de préparation de l’attentat prévu en Suisse. Reste qu’il faut prendre cela au sérieux, comme l’illustre une autre description du commandeur al-Tajiki. Selon le «Sunday Times», il cite le train à grande vitesse allemand (ICE) comme cible potentielle dans un message. Ce dernier devait, «avec l’aide d’Allah», être attaqué à l’explosif.

Quelques jours seulement après l’envoi de ce message, on a trouvé un drapeau de l’EI près d’une ligne de chemins de fer aux alentours de Berlin. Les autorités n’ont certes pas trouvé d’explosifs à proximité, mais ils ont découvert un câble de haubanage en lambeaux et un câble d’alimentation endommagé. Entre-temps la police a arrêté un Irakien âgé de 42 ans. C’est lui qui aurait tendu un câble d’acier sur les voies le 7 octobre vers Allersberg (entre Nuremberg et Munich en Bavière) afin de faire dérailler un ICE. Personne n’a été blessé lors de cette tentative. Selon le journal allemand «Bild», les autorités supposent que cet homme a été envoyé par l’EI pour commettre des attentats.

Un potentiel «diminué»

Le SRC considère qu’en ce moment, en Suisse, il n’y a pas de danger imminent de ce type. «Selon nos analyses, le potentiel opérationnel de l’État islamique est fortement diminué», indique la porte-parole Isabelle Graber. «De ce fait, le SRC estime que des attentats en Europe sont actuellement peu vraisemblables.» Il y a un mois, la milice terroriste a perdu Baghouz, dernière petite ville qu’elle tenait. «Ainsi, le califat et le territoire sur lequel il régnait en Irak et en Syrie appartiennent désormais à l’histoire.»

Reste la menace des cellules dormantes, telle que décrite dans les projets de l’EI. Et celle que représentent les combattants étrangers de retour. «Les rapports dont dispose le SRC signalent que quelques rares voyageurs motivés par le djihad ont l’intention de revenir en Suisse, précise Isabelle Graber. Dans ce contexte, la tâche du SRC est de récolter des informations sur ces personnes et leurs réseaux afin de déterminer le danger qu’elles représentent.»

(TDG)

Créé: 19.04.2019, 18h23

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