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Crédit Suisse espionnait aussi Greenpeace

De nouvelles révélations accroissent la pression sur la direction de la banque helvétique.

Image d'illustration.
Image d'illustration.
Keystone

Les ennuis arrivent toujours en escadrille, disait un fameux politicien. C’est vrai aussi pour Credit Suisse (CS), dont la réputation s’englue dans une succession d’affaires d’espionnage. La «SonntagsZeitung» a ainsi révélé dimanche que la grande banque surveillait depuis plusieurs années les activités des écologistes de l’organisation Greenpeace en Suisse.

Cette histoire s’ajoute aux filatures révélées à la fin de l’année dernière. Elles concernaient Iqbal Khan, l'ancien directeur de CS Asset Management, en partance pour les concurrents d’UBS, et Peter Goerke, ex-chef du personnel de Credit Suisse. Le fusible, ce fut alors le chef de cabinet et responsable de la sécurité de CS, Pierre-Olivier Bouée. Il a été licencié aussitôt, avant Noël, et une enquête interne est arrivée à la surprenante conclusion que le PDG de Credit Suisse, Tidjane Thiam, n’était au courant de rien.

La nouvelle affaire tombe donc mal. Une réunion du conseil d’administration de CS aura lieu cette semaine. Et la pression devient forte sur le président du conseil d'administration de CS, Urs Rohner. Il a jusque-là toujours soutenu Tidjane Thiam, et la place économique pensait la situation sous contrôle jusqu’au printemps 2021, date à laquelle Urs Rohner a prévu de s’en aller.

Que s’est-il donc passé avec Greenpeace? Il faut pour le comprendre remonter à l’assemblée générale de Credit Suisse il y a trois ans. Ce jour-là, dans le Hallenstadion zurichois, une escouade de militants de Greenpeace parvient à perturber la manifestation, en plein discours de Tidjane Thiam. Descendant en rappel dans la salle, les activistes écologistes déploient une immense banderole: «Stop Dirty Pipeline Deals» («Stop aux accords commerciaux sales sur les pipelines»). Il s’agissait pour eux de protester contre un oléoduc projeté dans l'État américain du Dakota du Nord, traversant une zone où se trouvent des lieux sacrés d'une tribu sioux.

L’irruption de Greenpeace, selon la «SonntagsZeitung», eut alors de fortes répercussions internes au CS. Et l’option choisie pour éviter que ça ne recommence a été l’infiltration du mouvement. Des agents de Credit Suisse sont alors parvenus, on ignore encore comment, à s'inscrire comme récipiendaires du bulletin interne annonçant les actions prévues par Greenpeace. La banque se retrouvait ainsi toujours prévenue à l’avance. Selon le journal dominical, cela lui aurait par exemple permis d’installer de faux chantiers de travaux devant les succursales ciblées par l’organisation verte, afin de tenir les activistes à distance et de les empêcher de pénétrer dans les bâtiments. L’arrivée de la police, rapidement informée, mettait ensuite un terme à l’action des militants.

Du côté de Greenpeace, Natalie Favre, porte-parole, a déclaré à la «SonntagsZeitung»: «Nous donnons suite à cette information et ne pouvons pas donner plus de détails pour le moment.» Visiblement, l’organisation tombe un peu des nues, soulignant cependant que CS continue de soutenir les investissements dans les énergies fossiles. La séance du conseil d’administration de la banque, dans quelques jours à Zurich, s’annonce tendue.

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