Passer au contenu principal

SuisseLa Cour européenne valide les caméras cachées des journalistes

La Cour européenne des droits de l'homme valide le recours de quatre journalistes de l'émission Kassensturz, équivalent alémanique de «A bon entendeur». Ils avaient filmé un assureur en caméra cachée.

L'émission Kassensturz, équivalent alémanique de «A bon entendeur» sur la RTS, avait utilisée des caméras cachées pour démasquer les pratiques d'un assureur. Ils avaient été poursuivis pour atteintes à la vie privé. Leur recours a été accepté, mardi 24 février (Photo SRF).
L'émission Kassensturz, équivalent alémanique de «A bon entendeur» sur la RTS, avait utilisée des caméras cachées pour démasquer les pratiques d'un assureur. Ils avaient été poursuivis pour atteintes à la vie privé. Leur recours a été accepté, mardi 24 février (Photo SRF).
SRF

La Cour européenne des droits de l'homme accepte le recours de quatre journalistes de la télévision alémanique condamnés pour avoir piégé un conseiller en assurance avec une caméra cachée. Elle juge que la justice zurichoise a violé leur droit à la liberté d'expression.

Dans le cadre d'une émission de Kassensturz, l'équivalent alémanique de «A bon entendeur» sur la RTS, les journalistes avaient enregistré en 2003 un entretien en caméra cachée avec un courtier qui proposait la conclusion d'une assurance-vie. Le but était de démasquer les insuffisances de certains conseillers.

Opposée à la condamnation de ces quatre journalistes, la Cour met en avant le rôle essentiel de la presse dans une société démocratique, qui est appelée à jouer un rôle indispensable de «chien de garde». Elle relève que l'émission incriminée ne cherchait pas à critiquer le courtier personnellement, mais visait à dénoncer certaines pratiques commerciales.

Pas d'atteinte à la vie privée

Le courtier n'était donc pas visé personnellement. Selon la Cour européenne, l'enregistrement opéré à son insu n'a porté qu'une atteinte limitée à ses intérêts, d'autant que les journalistes avaient pixélisé son visage de telle façon que seule la couleur de ses cheveux et de sa peau transparaissait et que sa voix avait été modifiée.

Au vu de ces circonstances, l'ingérence dans sa vie privée n'était pas d'une gravité telle qu'elle devait occulter l'intérêt public à l'information relative aux pratiques des courtiers en assurances.

Par conséquent, conclut la Cour européenne, la condamnation des journalistes pour écoute et enregistrement de conversations entre d'autres personnes a violé l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui protège le droit à la liberté d'expression. Satisfaction chez SRF

Rédacteur en chef de la télévision alémanique SRF, Tristan Brenn s'est dit très satisfait de la décision de la Cour européenne, qui a donné raison aux journalistes. «Nous partons sur de nouvelles bases», a-t-il déclaré.

«Nous savons désormais que nous pourrons recourir à la caméra cachée lorsque nous traiterons d'un cas d'intérêt public qui ne peut être documenté que par le biais de cette méthode», a ajouté Tristan Brenn.

En 2008, le Tribunal fédéral (TF) avait confirmé pour l'essentiel la condamnation des requérants, dont celle de Ueli Haldimann, ex-rédacteur en chef de la télévision alémanique et de trois autres personnes, dont deux journalistes de l'émission Kassensturz. En première instance, le Tribunal de Dielsdorf avait en revanche blanchi les quatre rédacteurs.

ats/ELB

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.