Le coup de spatule de son amie lui a valu 9 heures d’opération

Disputes conjugalesUne Neuchâteloise encourt une peine de prison avec sursis pour avoir blessé son ami à l’aide d’un ustensile denté. Elle l’accuse de l’avoir étranglée.

Le couple devenu

Le couple devenu "toxique" avait élu domicile dans ce quartier du centre-ville de Neuchâtel durant leur relation de près de deux ans Image: Benjamin Pillard

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«Ce jour-là, on était entrés dans un conflit physique. Elle est arrivée en hurlant alors que je me trouvais dans la salle de bains, tout en brandissant une spatule en inox de barbecue, avec des petites dents sur les côtés. Elle s’est mise face à moi: je me souviens l’avoir vu lever le bras comme si elle était ailleurs, et le coup est parti...» Assistant socio-éducatif en formation et amateur de sports de combat, le Neuchâtelois (35 ans) qualifie d’«accident» la violente agression dont il a été l’objet en septembre 2017. À la manœuvre, Indira*, sa compagne alors âgée de 28 ans. Tous deux ont comparu mardi devant le Tribunal régional du Littoral à l’heure de panser les plaies d’une histoire d’amour devenue toxique.

Le coup de spatule dentée a été dévastateur pour le trentenaire: sept tendons du poignet gauche coupés net. Plus de neuf heures d’opération, et dix mois d’arrêt de travail, qui ont été synonymes de licenciement. Près de deux ans et demi plus tard, le Neuchâtelois dit sentir encore des douleurs: «Je ne peux plus bouger l’extérieur de ma main gauche et j’aurai de l’arthrose précoce...»

«En me réveillant, je n’étais plus moi-même»

«Ce jour-là, je m’étais retrouvée maintenue au sol, le cou serré», a indiqué celle qui a partagé sa vie durant un peu plus d’un an et demi. «En me réveillant, je n’étais plus moi-même. Je me suis rendu compte de ce que je lui avais fait quand j’ai vu qu’il y avait du sang partout.» Cette Indienne naturalisée dit s’être saisie de l’ustensile pour grillades uniquement pour se défendre de son bourreau.

L’assistant socio-éducatif conteste fermement toute strangulation sur sa compagne durant leur relation. Indira accuse pourtant celui qu’elle qualifie de manipulateur pervers narcissique d’avoir mis sa vie en danger par de multiples moyens, deux semaines et demie avant la sanglante agression. Cet adepte de krav maga l’aurait non seulement étranglée jusqu’à ce qu’elle perde connaissance, mais lui aurait également enfoncé une balayette dans la bouche et fait «tourner» sa nuque à deux reprises. Ce même samedi d’août 2017, le trentenaire l’aurait menacée de mort après avoir mis le feu à un emballage de laque et dirigé la flamme contre sa victime.

Usage de drogues

Seul point d’entente entre les deux amants: c’est Monsieur qui a été à l’origine de la rupture, courant octobre. L’intéressé explique que leurs disputes se sont multipliées suite à la perte de l’emploi d’Indira – décalqueuse sur cadran – et en raison de la consommation de drogues par le couple. «Les choses ont commencé à se gâter quand elle s’est mise à prendre du crystal meth», a-t-il expliqué en réponse aux questions de la juge Geneviève Calpini Calame. «Comme elle m’empêchait de sortir du duplex, je me réfugiais dans mon bureau et elle lançait des objets contre la porte. J’ai dû faire appel plusieurs fois à ma mère pour pouvoir quitter les lieux.»

Les conflits étaient alimentés par la jalousie de Madame à l’endroit de l’ex de Monsieur. Du reste, trois semaines après avoir quitté leur appartement, la jeune femme, profitant d’une invitation à regarder un film chez lui, a cru bon de fouiller l’ordinateur de son ex à la recherche de messages compromettants. «Il me cachait des choses: je voulais juste confirmer que je n’étais pas folle.» Nouvelle dispute; notamment parce que la désormais ex-compagne se saisit d’un disque dur sur lequel elle venait de transférer une vidéo de leurs ébats. Hors d’elle, elle s’est alors emparée d’une paire de ciseaux et a tenté de la planter dans le ventre de l’assistant socio-éducatif. Une scène filmée par ce dernier avec son téléphone. Indira ne conteste pas avoir été à l’origine d’un départ de feu survenu la même nuit aux abords de la voiture du trentenaire: «Une braise était tombée de ma cigarette...»

Le procureur Nicolas Feuz a requis 9 mois de prison avec sursis à l’encontre d’Indira, et une peine pécuniaire pour son ex-compagnon, «faute de preuve ou de faisceau d’indices suffisant d’une mise en danger concrète de la vie». La juge unique rendra son verdict dans deux semaines.

* Prénom d’emprunt

Créé: 25.02.2020, 23h19

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