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Le contrecoup de la votation sur les armes

Suite au durcissement de la réglementation sur les armes, approuvée par le peuple helvétique à 63,7% ce dimanche, les commentaires déferlent.

La loi sur les armes pourra être adaptée au droit européen et la Suisse rester dans Schengen. Dimanche, 63,7% des votants ont accepté de durcir la réglementation. Tandis que les partisans sont soulagés, les opposants dénoncent une campagne biaisée.

Le comité référendaire s'avoue déçu

Pour le co-président du comité référendaire, Werner Salzmann (UDC/BE), «les déclarations selon lesquelles les tireurs ne sont pas touchés et que la Suisse aurait dû quitter Schengen en cas de rejet sont simplement fausses.» 80% des tireurs tirent avec des armes semi-automatiques, a-t-il rappelé à Keystone-ATS. Ils devront à présent présenter une preuve de nécessité et enregistrer leur arme. Cela entraîne des coûts élevés, mais n'aura aucune influence sur la sécurité, estime M. Salzmann.

Selon le Bernois, l'argument selon lequel la Suisse serait automatiquement éjectée de Schengen est aussi faux. Selon les accords, le comité mixte aurait eu 90 jours pour proposer une solution. Le résultat de dimanche était à craindre car les partis du centre ont joué le jeu.

ProTell et les armuriers sont attristés

«Aujourd'hui, nos libertés ont reculé», a de son côté estimé Jean-Luc Addor (UDC/VS), président de ProTell. «On a réussi à faire croire que cette modification touche très peu de monde, mais elle va toucher des centaines de milliers de Suisses qui n'ont rien fait», a-t-il rappelé sur la RTS. «Je suis triste comme un stand de tir vide.»

Sa vice-présidente, Olivia de Weck, espère que le Conseil fédéral comprenne le but de Bruxelles et des Etats de l'UE lors du prochain durcissement et «dise stop».

Pour le président de l'Association suisse des armuriers et des marchands d'armes spécialisées (ASA), Daniel Wyss, le «oui» à la loi sur les armes apporte surtout une surcharge administrative, sans augmentation de la sécurité. Par ailleurs, moins d'armes seront vendues, a-t-il dit au micro de la SRF. Des places de travail vont ainsi disparaître dans la branche.

L'UDC s'inquiète pour le futur

«Nous reconnaissons qu'il y a un certain besoin de rester dans Schengen/Dublin, mais pour autant, on ne peut pas tout accepter», souligne Céline Amaudruz, vice-présidente de l'UDC, seul parti à s'être opposé au durcissement de la loi sur les armes.

Cette dernière dit entendre et accepter le résultat, mais émet des inquiétudes pour le futur, notamment lors des débats relatifs à l'accord-cadre avec l'Union européenne. Elle relève notamment que l'Europe «va pouvoir un peu nous dicter ce qu'elle veut en jouant sur deux- trois piliers qui semblent centraux pour nos opposants».

Soulagement chez les partisans

Les partisans sont soulagés et satisfaits par le résultat. «Nous avions besoin de rester dans Schengen et nous avions besoin de l'accès à ce système Schengen», a lâché Béatrice Métraux, cheffe de la sécurité du canton de Vaud au micro de la RTS.

Elle craignait avant tout les conséquences sécuritaires et économiques. Selon Mme Métraux, personne ne s'est couché devant l'UE. La tradition suisse du tir va demeurer. Elle n'est pas remise en cause par la loi.

La police salue l'issue du vote

«C'est un bon signal pour la sécurité de la Suisse», a ainsi salué Pascal Lüthi, commandant de la police de Neuchâtel, qui s'est félicité de pouvoir poursuivre les échanges d'informations avec les pays voisins au sein du système Schengen. «Un refus aurait changé fondamentalement la donne», a-t-il jugé, estimant que «l'attachement traditionnel des Suisses aux armes ne sera pas touché».

Victoire pour les PLR

Pour Olivier Français, élu du Parti Libéral-radical (PLR) au Conseil des Etats (chambre haute du Parlement suisse) et membre du comité interpartis en faveur de la réforme de la loi sur les armes, c'est une victoire de «l'argument sécuritaire, avec un meilleur suivi du propriétaire de l'arme et des munitions».

Félicitations de la part des organisations

Pour economiesuisse, le vote «confirme la voie bilatérale». Il doit nous «encourager à poursuivre sur la voie de l'ouverture», écrit Operation Libero. L'union suisse des arts et métiers (usam) salue également le résultat. La branche du tourisme souligne que le maintien dans Schengen/Dublin est un facteur concurrentiel majeur. Le Groupement pour une suisse sans armée salue «un pas dans la bonne direction». L'Union des villes suisses se félicite du oui à la mise en oeuvre de la directive de l'UE sur les armes.

Karin Keller-Sutter rassure

Posséder une arme ne devrait pas coûter plus cher avec l'application de la réforme de la loi sur les armes. La ministre de justice et police Karin Keller-Sutter a indiqué dimanche que le prix des autorisations restera le même que celui du permis d'acquisition actuel.

L'octroi d'un permis pour les armes semi-automatiques coûtera 50 francs, comme c'est le cas actuellement, a-t-elle indiqué devant la presse à l'issue du scrutin. A l'origine, le prix devait passer à 100 francs, un argument sur lequel les associations de tir opposées à la révision de la loi avaient basé en grande partie leur campagne.

L'ordonnance sur les armes devrait apporter des solutions pragmatiques, a estimé Mme Keller-Sutter. Pour le reste, la conseillère fédérale s'est félicitée du résultat du vote. Cette décision permet à la Suisse de rester fidèle à la tradition du tir tout en améliorant la sécurité de sa population

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