La Confédération ne veut plus vendre le bâtiment de Radio Suisse

PranginsL’offre d'achat de la Commune de Prangins ayant été rejetée, Berne envisage d’octroyer un droit de superficie.

Au milieu, le bâtiment de Radio Suisse pourrait être cédé en droit de superficie.

Au milieu, le bâtiment de Radio Suisse pourrait être cédé en droit de superficie. Image: Vanessa Cardoso

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Fin juillet, la Confédération rejetait l’offre de la Commune de Prangins de racheter, pour 150 000 fr., les bâtiments de Radio Suisse. Elle estimait que le montant proposé à la suite de son appel d’offres était insuffisant par rapport à l’estimation de base du bien-fonds, soit quelque 5 millions de francs. «Nous avons décidé mardi en séance de Municipalité d’écrire notre surprise et notre déception et de demander des explications car jamais, au gré des étapes de ce dossier, on ne nous a fait de remarques sur cette disparité», regrette le syndic de Prangins, François Bryand. Les deux autres acheteurs potentiels de ce site, la protection civile du district de Nyon et la Fondation Esp’Asse, qui avaient aligné leur offre sur celle de Prangins afin de garantir son droit de préemption, ont reçu la même réponse négative.

La Commune de Prangins voulait acheter ces locaux désaffectés, situés en zone agricole, surtout pour garder la maîtrise du terrain. Elle avait l’intention de louer les lieux à la protection civile du district de Nyon, qui était prête à y regrouper toutes ses activités et son matériel. «Dire que Berne aurait bradé le site de Radio Suisse en acceptant cette offre d’achat est exagéré quand on connaissait le coût des travaux à charge de l’acquéreur, soit les travaux de dés­amiantage et d’isolation des locaux à rénover, sans compter le démantèlement d’une vingtaine d’antennes qui aurait coûté, à lui seul, quelque 2,5 millions de francs», relève Adrian Hochreutener, responsable administratif de la PCi.

Or, à la fin du printemps, alors que le préavis municipal de Prangins était déjà déposé au Conseil communal, l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) décidait tout d’un coup de maintenir les antennes qui servent à la navigation maritime et aux radiocommunications en situation de crise, Swisscom gardant un mandat d’entretien. Aujourd’hui, c’est l’Office des constructions et de la logistique qui change de politique. «Du fait de l’offre particulièrement basse proposée par Prangins au regard de l’évaluation du bâtiment de Radio Suisse, nous souhaitons privilégier une mise à disposition de l’immeuble sous la forme d’un droit de superficie distinct et permanent», confirme son porte-parole, Jonas Spirig.

La PCi en pole position

Il faut dire que, dès le refus de vendre connu, la protection civile a envoyé une lettre à Berne annonçant qu’elle était prête à louer ou à obtenir les locaux en droit de superficie. «Nous avions déjà fait toutes les démarches auprès du Canton de Vaud pour obtenir le changement d’affectation qui nous permettrait d’exploiter les lieux. La Confédération nous a déjà répondu qu’elle est prête à entrer en matière et laissé entendre que nous pourrions, en tant qu’association de communes, bénéficier du droit de préemption», explique Gérard Produit, président du comité directeur de la PCi.

Cette dernière étant à l’étroit dans la caserne des pompiers de Nyon, sans compter que les 50% de sa capacité de logement en abri sont occupés par des requérants d’asile, elle n’entend pas lâcher le morceau. «Reste à savoir à quel prix un accord pourrait se faire. Car la donne a changé avec le maintien des antennes et l’octroi d’un droit de superficie qui devrait donner lieu à un nouvel appel d’offres.» (TDG)

Créé: 26.08.2015, 08h32

Les étapes du champ d’antennes

1929 Les premières antennes sont mises en service par la Société des Nations (SDN), ancêtre de l’ONU, pour transmettre ses émissions de radio.

1932 Radio Suisse inaugure sur ce site de 25 000 m2 un émetteur puissant pour permettre la diffusion de télégrammes et d’informations aux pays membres de la SDN. Durant la Seconde Guerre mondiale, neutralité oblige, la Confédération demande la suppression
de cette «Radio-Nations».

1946 Radio Suisse reprend les installations. Ces dernières évoluent au gré de l’apparition des ondes courtes, du câble et des satellites. Les antennes relaient la communication avec les bateaux marchands.

1966 Les deux plus grandes antennes transmettent l’horloge atomique de Neuchâtel.

2012 Ces deux pylônes sont dynamités. Aujourd’hui, des petits mâts émettent encore des signaux pour la station radio côtière.

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