La Confédération veut son propre «cloud»

InformatiqueLes services de sauvegarde en ligne, ou «cloud», sont populaires auprès des parlementaires, mais leur sécurité et leur confidentialité ne satisfont pas l'administration.

Le futur Cloud de la Confédération (service de sauvegarde en ligne) sera basé dans deux centres de données en Suisse, et les données ne pourront pas sortir du pays.

Le futur Cloud de la Confédération (service de sauvegarde en ligne) sera basé dans deux centres de données en Suisse, et les données ne pourront pas sortir du pays. Image: Keystone

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Les services de sauvegarde en ligne (ou «cloud») tels Dropbox sont populaires parmi les parlementaires et les partis politiques. Qui ont accès à des documents confidentiels, ce qui pose un problème de sécurité car les serveurs de ces «clouds» sont souvent basés à l'étranger, comme l'explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 5 mai.

Des professionnels, comme le conseiller national et collaborateur du département IT de la Banque Cantonale de Zurich Thomas Maier (Verts Lib/ZH), recommandent ainsi de ne plus utiliser n'importe quel service en ligne, trop facilement piratable.

Bien lire les conditions d'utilisation

Bernhard Hämmerli, professeur en informatique à la Haute Ecole de Lucerne va encore plus loin en rappelant que des tiers peuvent légalement avoir accès à ces données. «Il faut vraiment bien lire ce qui est écrit en petits caractères dans les contrats d'utilisation.» Et on ne parle pas des multiples programmes d'espionnage mis en place par les Etats.

E-Parl, l'actuel outil des parlementaires, est obsolète, ce qui pousse les élus à utiliser des sites comme Dropbox. Pour le parlement, il faut donc que la Confédération dispose de son propre «cloud». Cette plateforme doit être créé en Suisse dans deux centres de données et elle sera capable de gérer les discussions et les vidéoconférences.

Pas pour les prestataires étrangers

L'appel d'offres sur le Système d'information sur les marchés publics en Suisse (SIMAP) précise que le gagnant devra garantir que les données ne sortiront pas du pays et ne seront soumises à aucune autre législation que celle en vigueur en Suisse.

L'appel d'offres exclut de fait les prestataires de services étrangers. UPC Cablecom en a fait les frais car il est contrôlé par le groupe anglo-américain Liberty Global Europe. Il cependant a recouru auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF) pour s'opposer à sa mise à l'écart.

La Confédération veut aller vite

La future plateforme de la Confédération doit remplacer des services tels que Dropbox, Skype, ou encore Whatsapp et une application pour smartphones est également envisagée. La Confédération veut aller vite, fixant au 25 juin la remise des offres pour son futur «cloud» qui doit être mis en place avant le début de la session d'hiver, le 30 novembre.

Pour Bernhard Hämmerli et Thomas Maier, la Confédération a fait le choix d'une solution pratique. Le second regrette toutefois que les services parlementaires puissent encore acheter leur propre solution. Avec comme conséquence une multiplication de programmes pas toujours compatibles entre eux au sein de l'administration fédérale. Et un potentiel d'économies qui n'est pas réalisé.

Le danger des backdoors

Pourtant, le rêve d'une sécurité absolue n'existe pas en informatique, rappellent les spécialistes. Car il est très facile de laisser des «portes dérobées» (backdoors) dans des serveurs qui sont construits à l'étranger. Toutefois, «il s'agit de placer la barre aussi haut que possible sans que cela ne pénalise l'utilisation courante», résume Bernhard Hämmerli.

Les coûts du futur service de sauvegarde en ligne de la Confédération sont encore inconnus mais un montant à six chiffres n'aurait rien de saugrenu. Et l'administration ne veut donner aucun détail, de crainte de biaiser l'appel d'offres encore en cours.

Créé: 05.05.2015, 13h15

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