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Condamné pour avoir mal étourdi un cabri à l’abattoir

L’homme devra payer 250 francs pour une mise à mort non maitrisée. Trop peu, disent les animalistes.

Sur les quatre minutes de vidéo, seule la mise à mort d'un cabri présente des manquements, juge le Ministère public central.
Sur les quatre minutes de vidéo, seule la mise à mort d'un cabri présente des manquements, juge le Ministère public central.
Association PEA

La vidéo avait fait du bruit, en décembre 2017. Le film, diffusé par l’association Pour l’Égalité Animale (PEA), compilait des mises à mort au sein de l’abattoir d’Avenches. Estimant que les images révélaient des violations de l’ordonnance sur la protection des animaux lors de leur abattage (OPAnAb), trois structures (Fondation MART, association ANIMAE et Fondation pour l’animal en droit) avaient déposé une plainte.

Le Ministère public central vient de condamner l’un des employés de l’abattoir à une amende de 250 francs pour avoir mal immobilisé et peiné à étourdir un cabri avant la saignée, révélait dimanche la «NZZ am Sonntag».

Il est notamment relevé que «le prévenu a essayé à plusieurs reprises, sans succès, d’étourdir le cabri qui était paniqué et tentait d’échapper à l’employé et à la zone d’abattage. En effet, il ne parvenait pas à positionner la pince d’étourdissement électrique entre l’oreille et l’œil de l’animal.» Un collègue est finalement venu lui prêter main-forte.

«La sanction choque autant que la vidéo, réagit Christine Mayor de l’association ANIMAE, en accord avec la Fondation MART. Cette amende ridicule n’est absolument pas dissuasive pour une direction qui préférera payer 250 francs plutôt que d’engager du personnel pour mieux contenir les animaux et éviter ce type de scène.» Surtout, elle s’étonne d’une sanction individuelle «alors que les visages étaient floutés sur la vidéo, justement pour incriminer un système et pas des personnes ayant déjà un métier pénible».

Hormis le cas de ce cabri, tous les autres actes dénoncés par les plaignants «ne sont pas considérés par le vétérinaire cantonal comme des manquements à la législation sur la protection des animaux et ne seront dès lors pas retenus», indique par ailleurs le Ministère public. Et de préciser que la structure prévoit désormais deux employés pour l’immobilisation et qu’un revêtement en caoutchouc a été posé pour rendre le sol moins glissant.

«Nous dénonçons l’horreur légale et l’ordonnance pénale confirme qu’il s’agit de pratiques standards, estime Fabien Truffer, porte-parole de l’association PEA. Puisque ces images ont choqué, cela signifie que ce qui se passe dans les abattoirs n’est pas éthique et qu’il faut donc les fermer.»

«Nous faisons confiance au système en ne prônant pas, par exemple, la désobéissance civile mais force est de constater que quelque chose ne fonctionne pas dans ce système. C’est une énorme frustration de constater qu’il n’y a pas de vraie volonté de sanction», conclut Christine Mayor.

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