Condamnés, les activistes dénoncent «l’arbitraire»

ClimatDes dizaines de militants sont sanctionnés pour avoir bloqué l’entrée de Credit Suisse et d’UBS à Zurich et à Bâle.

Des membres du collectif Climate Justice entravent, lundi 8 juillet, l’entrée du siège de Credit Suisse, à Zurich.

Des membres du collectif Climate Justice entravent, lundi 8 juillet, l’entrée du siège de Credit Suisse, à Zurich. Image: Keystone

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Les sanctions viennent de tomber après l’action massive pour le climat de la semaine dernière à Zurich et à Bâle, qui s’était terminée par l’arrestation de près de 80 personnes devant les deux grandes banques du pays. L’un des manifestants se trouve toujours en détention.

Le Ministère public zurichois condamne quelque 60 militants qui bloquaient l’entrée du siège de Credit Suisse, à la Paradeplatz. Ils sont reconnus coupables de contrainte, certains également de violation de domicile, et écopent de 60 jours-amendes à 30 francs, selon un communiqué du collectif Climate Justice, instigateur de la protestation. La justice confirme au site d’information Watson la condamnation avec sursis pour contrainte de 54 personnes, mais ne donne pas l’ampleur de la peine pécuniaire. Si un activiste se trouve toujours en détention, c’est parce que son identité n’a pas encore pu être déterminée, ajoute-t-elle.

Interdits d’entrer en Suisse

Le Ministère public bâlois a réagi de manière «encore plus disproportionnée», critique Climate Justice. Les 19 militants postés devant les bureaux d’UBS sont condamnés à des peines de prison allant jusqu’à 170 jours ou à des jours-amendes atteignant dans certains cas 180 jours et 50 francs. Le collectif explique ce verdict plus lourd par le fait que ses membres ont en plus été reconnus coupables d’émeute et de dommages à la propriété. Des participants non domiciliés en Suisse se trouvent par ailleurs interdits d’entrée dans le pays pour une durée d’un an s’agissant de ressortissants allemands et jusqu’à trois ans pour d’autres, informe-t-il.

Les militants voient dans ces décisions l’expression d’une justice «arbitraire». Ils vont faire opposition, annonce Frida Kohlmann, porte-parole de l’organisation. Le site Campax a lancé la semaine dernière une pétition de soutien aux «courageux activistes» ainsi qu’une campagne de récolte de dons pour payer les amendes et frais de justice. Un peu plus de 32'000 francs ont été récoltés.

Comme le mouvement Extinction Rebellion, Climate Justice prône le recours à la désobéissance civile non violente pour attirer l’attention sur «l’urgence d’un changement du système». Si l’organisation a choisi de protester devant les deux grandes banques helvétiques, c’est pour dénoncer ce qu’elle qualifie de «pratiques commerciales nuisibles à l’environnement». Elle leur demande de ne plus investir dans des entreprises et des projets du secteur des énergies fossiles.

Lundi 8 juillet, ses membres se sont rendus aux sièges de Credit Suisse et d’UBS, recouverts de tuniques blanches de laboratoire. Ils en ont entravé l’accès par des piles de charbon, des plantes ou des bicyclettes. Les établissements bancaires ont porté plainte et les forces de l’ordre ont évacué les lieux en début d’après-midi, après s’être heurtées à la «résistance passive» des activistes, qui ont dénoncé une intervention disproportionnée. Nombre d’entre eux ont été détenus pendant près de quarante-huit heures.

À Lausanne et à Genève

Cette manifestation s’ajoute à une série d’autres actes de désobéissance civile en Suisse et ailleurs. En mars, des grévistes pour le climat s’introduisaient dans la réception de Retraites Populaires, à Lausanne, pour contester ses investissements dans les énergies fossiles. Dénoncé par la police au Tribunal des mineurs, un gymnasien s’expose à une peine pécuniaire.

Treize activistes du Collectif Lausanne Action Climat ont déjà écopé d’amendes ferme de 600 francs (convertibles en 20 jours de prison ainsi qu’à 30 jours-amendes). En novembre dernier, ils avaient fait irruption dans une succursale de Credit Suisse à Lausanne déguisés en joueurs de tennis. Cette opération «Si Roger savait» avait été menée simultanément à Genève et à Bâle. La banque avait porté plainte.

À ceux qui jugent que ces actions nuisent à leurs revendications, Frida Kohlmann répond: «Ces personnes doivent s’interroger sur ce qui est vraiment dommageable. Depuis des décennies, les politiques climatiques n’évoluent pas. Nous continuerons de protester pour dénoncer cette inertie.»

Créé: 17.07.2019, 08h10

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