Comment fixe-t-on les prix des fruits?

AgricultureC’est la faîtière Suisse Fruit qui régule le marché des fruits. La mécanique est bien huilée et fait appel aux importations.

Si la Suisse est capable de produire le volume de pommes attendu par les clients, le prix indicatif sera de 1 franc ou 1 fr. 10 le kilo pour le producteur.

Si la Suisse est capable de produire le volume de pommes attendu par les clients, le prix indicatif sera de 1 franc ou 1 fr. 10 le kilo pour le producteur. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En Suisse, le mécanisme qui régule les prix des fruits est assez solide. Il est surveillé et géré par l’association faîtière Suisse Fruit, qui rassemble des groupements de producteurs, des grossistes et des distributeurs. Chaque semaine, ces représentants ont un contact direct, chacun dit ses besoins et ses possibilités de production, et ensemble, ils fixent les prix indicatifs pour chaque fruit.

Sur le plus long terme, il y a toujours une estimation des stocks. Dès l’été, chaque cultivateur reçoit un courriel en vue d’une estimation nationale. Pour les pommes, par exemple, l’objectif est fixé à 51'000 tonnes pour les besoins de la population durant la période d’hiver. Si la Suisse est capable d’assurer cette production, le prix indicatif sera de 1 franc ou 1fr.10 le kilo pour le producteur. Mais cela peut monter ou descendre en fonction de cette estimation globale. «Les décisions sont généralement unanimes, explique Marc Wermelinger, de Swisscofel, l’association suisse du commerce de fruits et légumes. S’il y a une attente de beaucoup de fruits durant une ou plusieurs semaines, le commerce de détail prendra des mesures pour vendre plus de fruits en action, donc à meilleur prix. Le volume de récolte attendu est toujours à la base de la décision des prix. Si la quantité récoltée baisse, le prix est ajusté à nouveau.»

Plate-forme de protection

En somme, Suisse Fruit agit comme une véritable plate-forme de protection. Elle comporte trois phases distinctes.
Phase 1: la Suisse produit suffisamment et les frontières sont fermées aux importations.
Phase 2: elle est intermédiaire et c’est celle que l’on vit actuellement. Jusqu’à la mi-mai, on donne des quotas d’importation pour combler les besoins du pays. La production indigène est compensée par des importations taxées. Marc Wermelinger résume: «Si le fruit est manquant parce que la demande est supérieure à l’offre dans le pays, alors on demande un quota d’importation. Le volume de ce quota est déterminé conjointement par les producteurs et les consommateurs lors de conférences téléphoniques. C’est ensuite l’Office fédéral de l’agriculture qui libère ces quotas.» Et l’expert de préciser que les importations additionnelles qui dépassent le volume du contingent sont chargées par des taxes douanières très élevées et donc pas intéressantes commercialement.
Phase 3: par exemple, en février, lorsque nos étals regorgent de fraises d’Espagne car la production helvétique est inexistante. En résumé, les importateurs peuvent importer ce qu’ils veulent moyennant des taxes.

L’année 2019 est-elle particulièrement complexe pour la fixation des prix en Suisse? Les importations de cette année ne sont pas significativement plus grandes que pour des années comparables, disent les spécialistes. La chaleur a certes freiné les récoltes dans tout le pays, il a donc fallu importer davantage.

Créé: 10.07.2019, 16h11

Articles en relation

L’abricot, le gagnant de l’été

Agriculture L’année 2019 s’annonce belle pour les abricots ou pour les cerises. À l’inverse, les petits fruits rouges tirent la langue. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

)6 nouveaux projets en faveur des piétons et des cyclistes
Plus...