Combat contre les pesticides: les efforts de la Suisse

AgricultureParlementaires, société civile et milieux économiques se concentrent sur une urgence : l’évaluation des risques liés aux produits phytosanitaires.

Image: Keystone

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De nos jours, les pesticides suscitent de plus en plus de craintes dans le monde. Dans les champs et dans les villes. Dans les pays favorisés et les plus pauvres. Les avis divergent encore sur la dimension du danger et l’urgence de s’en débarrasser. Le sujet s’impose néanmoins. Mardi et mercredi, à Berne, les parlementaires fédéraux s’efforcent de faire les choix les plus pertinents à l’occasion de débats sur des initiatives populaires et d’hypothétiques contreprojets. Les autorités et les paysans suisses n’ont toutefois pas attendu pour agir.


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En automne 2017, le Conseil fédéral s’est en effet doté d’un «plan d’action». Ce type de dispositif déçoit souvent, du fait de la lenteur de ses résultats. Son objectif reste néanmoins appréciable: une diminution de 30% du volume de pesticides à hauts risques, utilisés en Suisse jusqu’en 2027, par rapport à la période 2012-2015. Dans la catégorie des herbicides inquiétants, il apparaît en outre que la vente de glyphosate a chuter de 45% dans le pays, au cours des dix dernières années. Dans la catégorie globale des produits phytosanitaires à risques, les ventes ont diminué d’environ 18% au cours de la même période, selon l’Office fédéral de l’agriculture.

Aussi clair qu’un aveu

L’Office fédéral de l’agriculture vient en outre de prendre une décision aussi claire qu’un aveu : la révocation de douze autorisations qu’il avait lui-même accordées pour des insecticides contenant les substances actives chlorpyrifos et chlorpyrifos-méthyl. Greenpeace Suisse et WWF Suisse ne manquent pas de s’en féliciter. Plus d’une demi-douzaine d’autres pays européens ne tolèrent il est vrai déjà plus le chlorpyrifos pour un usage agricole. La France ne permet plus, depuis trois ans, qu’une seule exception relative aux insecticides contenant du chlorpyrifos: la protection des épinards. Dans le même temps, il est établi que cette substance, vouée à l’élimination des pucerons ou des chenilles, endommage le cerveau des bébés de façon irréversible, selon le quotidien français «Le Monde».

Les questions sanitaires et politiques relatives aux produits phytosanitaires retiennent toujours une attention tout particulière en Suisse. Un des leaders mondiaux de la branche prospère en effet à Bâle depuis près de vingt ans : Syngenta. Un des dirigeants de cette entreprise, Roman Mazzotta, participera à un débat mardi soir, organisé à l’Hôtel Ador, à Berne, par Public Eye. Cette association suisse, se souciant avant tout d’éthique et de protection de l’environnement, relève que la quantité de pesticides dans l’agriculture mondiale a presque doublé au cours des trente dernières années, à raison d’environ trois millions de tonnes par an.

Créé: 18.06.2019, 18h21

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